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Allocution prononcée par Alexander Eniline, président du Parti du Travail, à l’occasion de la commémoration des 70 ans de la Grande Victoire sur le nazisme

vendredi 15 mai 2015

Chères et chers camarades,

Il y exactement septante ans, les derniers responsables du haut commandement militaire de la Wehrmacht signaient l’acte de capitulation inconditionnelle de l’Allemagne nazie en présence du maréchal soviétique Joukov et du général britannique Tedder, avec pour témoin un général étatsunien et un général français. La capitulation entrait en vigueur le 9 mai à 1h01 selon l’heure de Moscou, mais encore le 8 mai à 23h01 pour l’Europe occidentale, mettant ainsi fin au conflit le plus meurtrier de toute l’histoire de l’humanité. La Deuxième Guerre mondiale, elle, n’était pas encore tout à fait finie puisque l’Empire du Japon allait continuer le combat pour encore quelque temps.

Même en faisant abstraction de toutes considérations conjoncturelles, très importantes par ailleurs, même si le socialisme avait déjà triomphé sur toute la surface du globe, nous aurions considéré comme un devoir de commémorer cette date, tant son importance est centrale dans l’histoire de l’humanité, tant son importance est centrale pour notre propre histoire, pour l’histoire du mouvement communiste et ouvrier, pour l’histoire de notre propre Parti. Nous aurions dans tous les cas considéré comme un devoir de rendre hommage à l’héroïsme du peuple soviétique, qui a perdu près de vingt-sept millions des siens pour vaincre le nazisme, aux partisans communistes qui se sont battus dans bien des pays contre l’oppression fasciste, et à tous ceux qui ont pris les armes contre le Troisième Reich et ses alliés, car sans eux nous ferions le salut nazi aujourd’hui, notre Parti et nos idées seraient strictement illégales, et nous n’aurions jamais connu ni démocratie ni acquis sociaux.

Toutefois, la conjoncture présente ne nous permet pas de faire de cette journée simplement une commémoration et lui donne aussi un sens de lutte, de lutte pour la vérité et de lutte de classe. En effet, si vous demandez à une personne au hasard dans la rue quel pays a le plus contribué à libérer le monde de la terreur nazie, dans neuf cas sur dix vous aurez pour réponse : les Etats-Unis d’Amérique. Si vous lui demandez encore quelle fut la bataille des batailles, celle qui renversa le cours de la Guerre, vous aurez des grandes chances d’avoir comme réponse : le débarquement de Normandie. Ces deux réponses sont absolument fausses, mais c’est pourtant là la partie émergée de l’iceberg. Si vous poursuivez la conversation, vous aurez probablement la possibilité d’entendre des déclarations, tout de même surprenantes, comme quoi communisme et nazisme au fond ne sont pas si différents et que Staline et Hitler n’étaient pas loin d’être des alliés. Votre interlocuteur fictif citera sans doute à l’appui de sa thèse le pacte germano-soviétique, alors qu’il n’aura sans doute jamais entendu parler des Accords de Munich. Et ne parlons même pas de ce qui se fait dans les pays baltes aujourd’hui, où les vétérans de la SS défilent ouvertement et sont célébrés comme des patriotes, sous le silence assourdissant de l’Union européenne. L’Ukraine a fait encore un pas de plus sur cette pente glissante, en réhabilitant ouvertement ceux qui ont pris fait et cause pour Hitler en tant qu’héros de la nation, en reprenant officiellement des symboles nazis à peine détournés, en révisant ouvertement l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale – on se souvient du premier ministre Iatseniouk qui a déclaré sans sourciller que c’est l’URSS qui avait attaqué l’Allemagne ! – et en faisant du symbole du 9 mai l’étendard rouge et noir des collabos bandéristes – c’est comme si la France célébrait demain le 8 mai sous la Francisque !

Ce tableau peu reluisant est entièrement le résultat d’un révisionnisme historique pratiqué sans la moindre once de scrupule en Occident, de décennies d’une propagande bourgeoisie effrénée et mensongère. De quoi relativiser le caractère démocratique de nos sociétés, tant un mensonge mille et mille fois répété par des canaux « autorisés » finit par faire oublier la vérité et à se faire passer pour elle…

Et dans ces circonstances, notre premier devoir est de rétablir la vérité des faits. Non, ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont libéré le monde du nazisme. Leur rôle était en réalité pour le moins secondaire. Le débarquement de Normandie n’eut lieu qu’en 1944, lorsque le Reich était déjà aux abois. Il ne fut organisé que dans le but d’empêcher l’armée soviétique d’avancer jusqu’à l’Océan atlantique et de libérer l’entier du continent du fascisme comme du capitalisme. Et encore, Staline dut faire accélérer la prise de Berlin pour empêcher que les troupes alliées ne soient repoussées vers la mer. Il faut le dire et le redire : c’est l’Union soviétique qui assuma l’essentiel de l’effort de guerre face à Hitler et ses alliés, le cours de la guerre fut véritablement renversé à la toute fin de l’année 1941, quand les armées nazies furent repoussées devant Moscou, et la Bataille des batailles, celle qui rendit évident aux yeux de tous que la défaite des nazis était inéluctable était la bataille de Stalingrad. L’ex Yougoslavie et l’Albanie furent libérées par leurs propres partisans communistes, sans oublier non plus le rôle des résistants communistes dans d’autres pays, en France et en Italie notamment, qui furent longtemps bien seuls à lutter. Et si on regarde la guerre face à l’Empire du Japon, dont les crimes n’étaient pas moindres que ceux du Troisième Reich, les Etats-Unis, dans ce cas là aussi, n’ont assuré qu’une partie de l’effort de guerre. Leur attribuer tout le mérite serait oublier la lutte héroïque du peuple chinois, du peuple coréen, et de plusieurs autres, pour leur libération. Ce serait oublier également que la grande armée japonaise du Kwantung avait été battue par l’armée soviétique, et qui si l’empereur Hirohito avait déposé sa capitulation aux mains des Etats-Unis, c’était pour empêcher in extremis une occupation soviétique du Japon et ainsi garder son trône.

Pour rappeler cette évidence, qui n’a nullement besoin d’être prouvée tant elle est évidente, il suffit de rappeler les chiffres des décès imputables à la Deuxième Guerre mondiale : près de vingt-sept millions de Soviétiques, militaires comme civils, perdirent la vie du fait de la guerre, vingt millions de Chinois, et plusieurs millions de Yougoslaves. C’est même le quart – le quart ! – de la population de la République socialiste soviétique de Biélorussie qui perdit la vie au cours de la guerre. A contrario, c’est 400’000 étatsuniens qui furent tués au cours du conflit, presque tous des militaires.

Il faut rappeler aussi qu’à l’époque personne n’osait soutenir un révisionnisme historique aussi grossier, ni de nier la vérité, tant elle était alors évidente pour tous. Je ne citerai les propos que de trois des dirigeants majeurs du monde capitaliste d’alors. Winston Churchill tout d’abord, peu suspect de sympathie prosoviétique tant c’était un anticommuniste forcené qui avait joué un rôle majeur dans les interventions militaires occidentales destinées à renverser le pouvoir bolchevik dès ses premiers jours et tant il s’était empressé d’ouvrir les feux de la Guerre froide alors que les décombres de Berlin fumaient encore ou presque : « …Aucun gouvernement n’aurait tenu face à de telles terribles et cruelles blessures, qu’Hitler avait infligé à la Russie. Mais la Russie soviétique a non seulement tenu et s’est rétablie de ces blessures, mais a également porté à l’armée allemande un coup d’une puissance telle, que n’aurait pu lui porter aucune autre armée au monde […] La monstrueuse machine du pouvoir fasciste fut brisée par la supériorité de la manœuvre russe, de la bravoure russe, de la science militaire soviétique et de l’excellent commandement des généraux soviétiques […] A part l’armée soviétique, il n’y avait pas de telle force, qui pût briser l’échine de la machine militaire hitlérienne […] C’est bel et bien l’armée russe qui a éviscéré la machine militaire germanique ».

Franklin Roosevelt ensuite : « Du point de vue de la haute stratégie […] il est difficile d’échapper à ce fait évident, que les armées russes anéantissent plus de soldat et d’armements de l’adversaire, que toutes les autres 25 Etats des nations unies toutes ensemble ».

Sans oublier le général de Gaulle : « Les Français savent ce qu’a fait la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération ».

Le combat pour la vérité est d’autant plus urgent pour nous que l’objectif de nos adversaires de classes dans cette entreprise de falsification de l’histoire est on ne peut plus clair : effacer de la mémoire et des cœurs des peuples le souvenir de l’idée du socialisme, d’effacer de leur mémoire et de leurs cœurs la glorieuse espérance que le drapeau rouge hissé sur le Reichstag avait incarné pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, l’enthousiasme énorme que la Grande Victoire avait suscité, l’impulsion énorme qu’elle avait apporté aux luttes sociales dans les pays capitalistes, comme aux luttes pour la libération nationale et le socialisme dans les colonies. Sans la Victoire de 1945, sans le fait qu’elle fut gagnée sous le drapeau rouge, nous n’aurions jamais connu ni une inflexion dans les rapports de force entre les classes, ni la sécurité sociale, ni la décolonisation. Sans la Victoire de 1945, le racisme d’Etat, la ségrégation, l’apartheid, les empires coloniaux existeraient sans doute encore et les Etats capitalistes ne seraient probablement pas des démocraties. Sans la Victoire de 1945, le succès initial que notre propre Parti avait connu à ses débuts n’aurait jamais été possible. La Grande Victoire de 1945 garde en ce sens à tout jamais une portée révolutionnaire qu’il est impossible de surestimer et que nous devons absolument sauvegarder.

Aussi il n’est pas étonnant que la classe dirigeante des centres impérialistes, les héritiers de ceux qui avaient préféré Hitler au Front populaire, haïssent le symbole que représente le drapeau rouge sur le Reichstag et travaillent à en effacer autant que possible le souvenir du cœur des peuples, car sans cela ils ne pourraient pas réécrire l’histoire, ils ne pourraient pas faire rentrer dans les têtes le mythe absurde et antihistorique des deux « totalitarismes jumeaux », avec pour corollaire contemporain les « extrêmes qui se rejoignent », comme moyen de légitimation des diverses idéologies de droite et centristes – le libéralisme, le conservatisme, la démocratie chrétienne, la social-démocratie – et des partis gouvernementaux qui les incarnent, de tuer l’espoir d’un monde plus juste, de faire accepter leur régime rétrograde et oppressif comme le seul possible. Le but de la droite européenne est de détruire tout ce que la victoire soviétique de 1945 avait permis de créer. Ainsi que l’avait dit Denis Kessler, représentant du MEDEF mandaté par Sarkozy pour le conseiller dans son projet de démantèlement social : « C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la résistance ». La réalisation d’un tel programme réactionnaire ne serait pas possible sans effacer de la mémoire des classes populaires le souvenir de ce que fut vraiment la victoire de 1945, sans une falsification historique éhontée, qui autorise tous les mensonges aux yeux de ceux qui s’y livrent.

Naturellement, la vision idéologisée et déformante de l’histoire qui y sert de fondation théorique est absurde et grotesque, et la combattre est pour nous à la fois un devoir et une nécessité, car sinon elle nous fera à jamais obstacle. Le mythe des deux totalitarismes jumeaux ne résiste pas un instant à la critique, puisqu’il est frappé de deux tares, qui font qu’en réalité il n’en reste rien. Le rapprochement artificiel entre socialisme et nazisme ne procède que de quelques comparaisons superficielles, et surtout d’une falsification éhontée de ce que le socialisme réel fut dans les faits pour ceux qui le vécurent. Je ne dis certes pas que tout fut parfait et irréprochable dans la construction du socialisme en URSS et dans les pays socialistes existants ou ayant existé, et que des problèmes, des erreurs et des abus graves n’y sont pas survenus. Il n’en reste pas moins qu’eu égard aux conditions extrêmement hostiles et aux innombrables difficultés objectives quasi-insolubles auxquelles ils durent faire face, le bilan des communistes qui ont réussi à édifier le socialisme fut pratiquement partout absolument remarquable. Et quant à ceux qui sont prompts à décocher des critiques faciles à l’emporte-pièce à la direction soviétique d’avant Guerre, s’ils s’étaient eux retrouvés aux commandes du pays à ce moment là, ils n’auraient en tout cas pas fait mieux, sans doute n’auraient guère tenu plus de quelques mois au pouvoir, et auraient en tout cas perdu la guerre. Les réalisations en termes de progrès social des pays socialistes furent tout simplement extraordinaires, et bien supérieures à tout ceux qui put jamais être réalisé dans n’importe quel pays capitaliste, même les plus développés. C’est sans doute difficile de faire comprendre aux gens cette vérité aujourd’hui, cela va en tout cas à contre-courant ; mais comme on dit, seuls les poissons morts nagent dans le courant. Ou comme l’avait dit Jean Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». Entre l’idée d’émancipation humaine et de progrès social que représente le communisme, entre son incarnation, certes en-deçà de ce que certains espéraient dans le socialisme réel, et le despotisme réactionnaire fasciste et nazi, négateur de toute liberté et de toute dignité humaine, fossoyeurs de toutes les idées humanistes, raciste et impérialiste, au seul bénéfice d’une toute petite bourgeoisie impérialiste, il n’y a rien, absolument rien de commun.

Quant au pseudo-argument du pacte germano-soviétique, sensé prouver une soi-disant convergence objective entre communisme et nazisme, on fait juste semblant d’oublier que la droite française avait « préféré Hitler au Front populaire », que les sympathies envers le nazisme, quand ce n’est pas un soutien ouvert au Reich, étaient légion dans les pays capitalistes d’alors, que la droite britannique et française avait recherché une alliance avec Hitler au nom de l’anticommunisme, que Staline avait proposé aux démocraties capitalistes une grande alliance antifasciste, mais qu’au lieu de cela ils ont juste préféré de signer les accords de Munich avec le Reich, et que la direction soviétique n’avait plus d’autre choix que de signer à son tour un pacte de non-agression avec l’Allemagne sous peine de devoir faire la guerre à toutes les puissances impérialistes à la fois, guerre qu’elle n’était pas en mesure de gagner, enfin que les Etats-Unis et le Reich ont tenté de négocier en secret une paix séparée en 1944 contre l’URSS – négociations heureusement sabotées par des agents secrets soviétiques. Alors oui, le pacte germano-soviétique fut sans doute hautement contestable d’un point de vue politique, mais, très loin d’une quelconque convergence, il n’était pour l’URSS qu’un moyen de gagner deux précieuses années de temps pour réorganiser son armée et déplacer ses usines à l’Est du pays, en attente d’une guerre que la direction soviétique savait imminente et inévitable, et sans lequel la guerre n’aurait peut-être pas été gagnée.

La seconde tare du discours mensonger sur les « totalitarismes jumeaux », c’est que pour fonctionner, pour glorifier le libéralisme, il procède d’un tour de force scandaleux : ne prendre en compte que les métropoles, et faire complétement impasse sur les colonies. Mais tous les pays occidentaux un tant soi-peu importants étaient des puissances coloniales en ce temps, et le seraient encore sans la Victoire de 1945 et la dynamique émancipatrice qu’elle avait ouverte, et les colonies faisaient partie à part entière de leur territoire souverain. On ne peut donc en faire abstraction. Le cas des USA n’était pas fondamentalement différent, vu que c’était une puissance néocoloniale qui contrôlait directement et indirectement un certain nombre de territoire à l’étranger, sans oublier qu’ils avaient conquis leur propre territoire par un processus de colonisation en direction de l’Ouest, exterminant pratiquement toute la population autochtone. Si on prend en compte les colonies, on peut aisément constater que si convergence il y a c’est entre le fascisme et l’idéologie bourgeoise classique du XIXème et XXème siècle, celle qui unissait les libéraux et les conservateurs. Mieux encore, le fascisme se situe dans la stricte continuité de l’idéologie bourgeoise classique, simplement il la pousse à l’extrême, ou plutôt il l’applique à des populations européennes. L’oppression d’autres peuples au nom d’une prétendue supériorité raciale ? Tous les pays coloniaux l’ont pratiquée allégrement au détriment des peuples africains, asiatiques, autochtones américains, océaniens ; ils s’estimaient en droit de les traiter comme des esclaves, comme des animaux, et en tout cas pas mieux que les nazis ne le faisaient avec leurs victimes. Toutes les puissances coloniales ont multiplié les crimes coloniaux, des tortures, des mises au travail forcé, des massacres par millions, qui n’avaient rien à envier à ceux des nazis. Y compris le crime de génocide. Car quel est le premier génocide du XXème siècle ? Le Pape avait dernièrement dit que c’était le génocide arménien. C’est certes louable de reconnaître le génocide arménien, qui reste toujours contesté par certains de nos jours, mais il n’était pas le premier génocide du XXème siècle. Car le premier génocide du XXème siècle eut lieu en Namibie, sur ordre d’un gouverneur allemand, qui décida, conformément aux instructions de son empereur, d’exterminer la population autochtone pour laisser la place à des Allemands. Il est presque arrivé à ses fins. Et ce n’était malheureusement pas le premier génocide colonial. Tous les crimes que les nazis commirent avaient déjà été commis avant eux. Hitler ne fit en ce sens rien de nouveau que de faire subir à des populations européennes – les Juifs, les Tsiganes, les Slaves, les communistes, les homosexuels, les handicapés – ce que d’autres avaient déjà enduré de la main de l’auto-proclamée « race des seigneurs ». Les libéraux, les conservateurs et les centristes ont allègrement participé aux crimes coloniaux. Winston Churchill eut d’ailleurs un lot de crimes particulièrement lourd sur la conscience. Les sociaux-démocrates ont fini par les cautionner presque sans réserve. Ces partis n’ont pas la moindre leçon de démocratie ou de respect des droits de l’homme à donner, à qui que ce soit.

Pour prendre un exemple de l’état d’esprit qui régnait au sein de la classe dirigeante européenne avant même le fascisme, citons un extrait d’un discours adressé par l’empereur d’Allemagne Guillaume II à ses troupes envoyées en Chine : « Il n’y aura pas de clémence et l’on ne fera pas de prisonniers. Quiconque tombe entre vos mains, tombe sous vos coups ! [...] Puisse par votre œuvre s’affirmer le nom « allemand » pour des millénaires en Chine afin qu’aucun Chinois, aux yeux bridés ou non, ne puisse oser regarder un Allemand en face ». Du reste, Jean Vincent, fondateur et ancien secrétaire-général du Parti, avait décrit en des mots saisissants à quoi ressemblait la Chine sous domination coloniale, plus précisément Shanghai sous domination britannique, telle qu’il l’avait vue : une misère telle qu’on ne l’imagine pas, des cadavres d’enfants morts de faim si nombreux qu’on n’y faisait plus attention, un mépris envers les locaux de la part des britanniques qui dépassait toute mesure, une inscription « interdit aux chiens et aux Chinois » à l’entrée des parcs – pour les britanniques les Chinois valaient moins que les chiens ! –, le tout sous le regard indifférent des quelques uns qui amassaient des fortunes immenses sur le dos d’un peuple qui mourrait de faim. Aussi, quand on voit fleurir dans nos contrées toutes sortes de critiques fantaisistes à l’égard de Mao Tse Toung, accusé d’être peut-être le pire criminel de tous les temps, on ne peut qu’apprécier l’hypocrisie de l’Occident, dont les classes dirigeantes dissimulent à peine leur nostalgie de cette époque bénie pour elle ou la Chine était divisée, impuissante, et à leur merci. Car il faut le réaffirmer, oui, Mao Tse Toung et le Parti communiste chinois ont libéré la Chine d’une oppression coloniale séculaire et permis à la Chine de retrouver son indépendance, son unité et sa grandeur. Quoi que l’on pense du tournant pris par le Parti communiste chinois depuis Deng Xiaoping, la simple honnêteté intellectuelle contraint de reconnaître le progrès social énorme pour le peuple chinois que la révolution chinoise a apporté.

Comme l’avait très justement dit Thomas Mann : « Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattrons le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme ».

C’est absolument exact, et cette citation ne se vérifie que trop aujourd’hui. C’est une honte tout particulière que tous les dirigeants occidentaux, tous sans exception, ont boycotté la commémoration du 9 mai à Moscou cette année, cela parce que la Fédération de Russie met des bâtons dans les roues du gouvernement ouvertement néo-nazi ukrainien qu’ils soutiennent par calcul géopolitique. Mais c’est absolument logique qu’ils boycottent la cérémonie à Moscou, comme le fait qu’ils soutiennent les néo-nazis ukrainiens, comme le fait qu’ils ferment les yeux sur la réhabilitation des anciens SS dans les pays baltes. Cela va dans la droite ligne de leur haine de ce que le 9 mai représente, de leur volonté de l’effacer des mémoires, de leur volonté de criminaliser le communisme et tout ce qui s’y rapporte de près et de loin, alors qu’ils laissent une extrême-droite de plus en plus ouvertement fasciste prospérer.

Car qu’est-ce que le fascisme ? Georges Dimitrov en donne une définition devenue désormais classique : « Le fascisme est la dictature ouvertement terroriste des éléments les plus impérialistes, les plus réactionnaires, les plus chauvins, du capital financier. Le fascisme n’est pas un pouvoir au-dessus des classes et non le pouvoir de la petite bourgeoisie ou du lumpen prolétariat sur le capital financier. Le fascisme est le pouvoir du capital financier. C’est une organisation de représailles terroristes contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et de l’intelligentsia. Le fascisme en politique étrangère est le chauvinisme dans sa forme la plus grossière, cultivant la haine zoologique contre d’autres nations. »

Réfléchissons un instant à cette définition, et pensons aux Etats-Unis. Certes la correspondance n’est pas totale, mais en est on si loin ? Dès la capitulation du Reich et du Japon, les Etats-Unis ont pris la tête de la réaction mondiale. Ils ont menée des guerres criminelles, en Corée, au Vietnam – et nous célébrons cette année les 40 ans de la victoire de la République socialiste du Vietnam sur l’impérialisme américain ! – puis d’autres encore, sans pratiquement une seule année sans qu’ils interviennent dans d’autres pays souverains. Les Etats-Unis ont également de plus en plus réduit les droits démocratiques des citoyens depuis une dizaine d’année, et l’Europe les suit dans cette voie. Nous vivons actuellement une crise systémique du capitalisme, d’une profondeur inédite et sans issue dans le cadre du système actuel. Les deux crises précédentes d’une ampleur comparable ont débouché sur des guerres mondiales. Le caractère profondément réactionnaire, socialement destructeur, hostile aux intérêts des larges masses populaires, incompatible avec la démocratie à terme du capitalisme s’accentue. Toutes ses contradictions s’aggravent à l’extrême. Le danger de guerre et la tentation de la classe dirigeante de recourir à une dictature déclarée se précisent.

En ces temps de tous les dangers et de durcissement de la lutte des classes, nous devons être à la hauteur des enjeux et de nos tâches historiques, lever haut notre drapeau rouge, celui qui fut hissé sur le Reichstag pour signifier la défaite du nazisme et de la réaction.

Ainsi que l’a écrit hier Fidel Castro : « Les 27 millions de Soviétiques, morts dans la Grande Guerre patriotique, ont aussi donné leur vie pour l’Humanité et pour le droit à penser et à être socialistes, à être marxistes-léninistes, à être communistes et à sortir de la préhistoire. »

Gloire éternelle donc à tous ceux qui ont combattu le nazisme !

Gloire éternelle au peuple soviétique qui a perdu 27 millions des siens pour la Victoire !

Gloire éternelle au Parti bolchevik qui a édifié un pays socialiste capable de vaincre le nazisme !

Et vive le 9 mai et la portée révolutionnaire de ce qu’il représente !

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