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Communiqué de presse à l’issue de la 8ème Fête des peuples sans frontières

lundi 6 juillet 2015

Le Parti du Travail peut se féliciter, malgré la canicule qui a quelque peu influé sur la fréquentation, de la réussite de la 8ème édition de sa traditionnelle Fête des peuples sans frontières, qui restera à jamais mémorable. Combinant une programmation musicale de qualité, une partie politique variée et hautement intéressante, et la présence de nombreux stands de partis frères et d’organisations progressistes venant de différents pays, la 8ème Fête des peuples sans frontières fut une matérialisation de l’amitié entre les peuples et de la solidarité internationaliste, de la nécessaire union des travailleurs et des peuples dans la lutte contre le grand capital et l’impérialisme, pour un meilleur avenir, une société socialiste, une occasion de mieux connaître les luttes sociales ailleurs sur la planète, ainsi qu’une occasion de célébrer et de se remémorer notre héritage révolutionnaire, celui de Thomas Sankara et de la Révolution d’Octobre en l’occurrence, que la propagande bourgeoise voudrait effacer de la mémoire des peuples, mais sans la connaissance duquel il n’est pas possible de construire un projet d’avenir durable. Le Parti du Travail tient à remercier officiellement ses militants, qui ont travaillé dur dans une véritable fournaise, toutes les associations qui se sont déplacées pour la fête et ont y ont tenu un stand, l’association Piment Rouge, sans laquelle la sonorisation de la scène n’aurait pas pu être assurée, tous les artistes qui sont venus pour l’occasion et ont assuré une animation musicale variée et de qualité, tous ceux qui ont bravé la canicule pour se rendre à la fête, et tout particulièrement notre camarade Mikhail Kostrikov, secrétaire du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF), et Mikaël Doulson Alberca, jeune reporter ayant vécu et filmé le soulèvement populaire qui a enfin délogé Blaise Compaoré, qui ont fait le déplacement depuis l’étranger pour nous honorer de leur présence. Sans toutes ces contributions, la réussite de la 8ème Fête des peuples sans frontières n’aurait pas été possible.

La Fête des peuples fut une occasion d’affirmer haut et fort notre soutien inconditionnel au peuple grec et à sa juste et nécessaire lutte contre l’oppression néocoloniale qu’il subit. Au nom d’une dette illégitime, frauduleusement créée par des banquiers véreux de Goldman Sachs et une classe politique locale à la solde de la bourgeoisie compradore, au nom d’une soi-disant aide, qui ne constitue en réalité que des prêts à taux d’usuriers hautement lucratifs pour le grand capital financier, le peuple grec subit une véritable oppression de la part des bureaucrates non-élus de l’UE et des vampires du FMI, qui le saignent à blanc par une politique d’austérité brutale, absurde d’un point de vue macroéconomique (la dette grecque, qui était de 120% du PIB avant les politiques d’austérité, atteint allègrement les 175% aujourd’hui), et qui n’a d’autre but que de pressurer plus encore les travailleurs uniquement pour accroître les profits des grands monopoles. L’UE n’a qu’une fois de trop montré sa véritable nature : celle d’une machine essentiellement anti-démocratique, technocratique, néolibérale, au service exclusif du grand capital contre les classes populaires. Mais la dette des banquiers n’est en rien le fait du peuple grec. Il n’a pas à mourir de faim pour que quelques escrocs de la finance puissent s’acheter un troisième yacht ou un deuxième jet privé ! La lutte du peuple grec est aussi la nôtre, celle de tous les peuples du monde contre le grand capital qui les opprime. Nous félicitons le peuple grec de ne pas avoir cédé aux menaces et aux chantages et d’avoir à une nette majorité dit NON à la poursuite de la tyrannie des eurocrates. Nous espérons que le peuple grec, le parti Syriza, avec lequel nous partageons une commune appartenance au Parti de la Gauche européenne, et le gouvernement grec sauront utiliser ce résultat très net du référendum pour briser définitivement le carcan du pouvoir des monopoles et des bureaucrates non-élus bruxellois et pleinement reprendre en main leur destin pour construire un meilleur avenir, sans tyrannie néolibérale et sans oppression capitaliste.

Nous ne pouvons que regretter en revanche l’article diffamatoire et digne de la presse de caniveau dirigé contre nos invités du KPRF paru dans le dernier numéro du journal de solidaritéS. Comme éléments à charge contre le KPRF, l’auteur de l’article n’a, à part une longue citation de Lénine ici totalement hors de propos, qu’une citation de Ziouganov visiblement apocryphe et en contradiction flagrante avec tous les documents et publications du KPRF, ainsi qu’une affirmation péremptoire, fondée sur absolument rien, que le KPRF ne serait pas un parti communiste du tout, mais un obscur conglomérat nationaliste et on ne sait trop quoi (la liste ordurière de l’article ne mérite même pas d’être citée in extenso). L’article se termine par l’appel à la gauche internationale de n’entretenir aucun lien avec le KPRF. Démonstration typique d’un côté moralisateur et donneur de leçons, sans doute un des pires aspects d’une certaine forme de trotskisme. Il suffirait à vrai dire pour réfuter ce genre d’article pitoyable de citer Euclide : « ce qui est affirmé sans preuves peut être nié sans preuves ». Mais puisqu’il est vrai, étant donné que beaucoup de publications ne sont pas traduites, que beaucoup de personnes en Occident, y compris des militants sincères, ont une image faussée de ce qui se passe en Russie et du KPRF, étant donné qu’ils prennent leurs informations dans la presse bourgeoise, ou directement auprès de la soi-disant opposition libérale en Russie, qui est composée essentiellement d’hommes de Eltsine, qui ont détruit l’URSS, et dont le seul objectif politique est d’évincer Poutine et son clan afin de profiter du pillage du pays à sa place, une réponse plus approfondie s’impose. Contrairement à ce que l’auteur de l’article insinue, le Parti du Travail sélectionne ses invités et ses contacts internationaux avec soin. Or, nous devons tout d’abord affirmer que le KPRF jouit d’un large soutien au sein du mouvement communiste international. Ainsi, à son XVème Congrès, en 2013, furent présents pas moins de 89 partis communistes et de gauche, dont, parmi tant d’autres, le PCF, le Parti communiste espagnol, Die Linke, le PSUV,… Tous ces partis auraient donc tort, et un obscur plumitif qui ne prend même pas la peine de signer son article de son nom complet aurait raison ? C’est juste comique rien que de l’énoncer. Ce soutien international est selon nous entièrement mérité, pour la bonne et simple raison que le KPRF est un authentique parti communiste, la seule force d’opposition de gauche un tant soit peu significative en Russie, le seul parti de Russie qui défend réellement les classes populaires de ce pays, qui essaye de faire vivre des syndicats indépendants dans les entreprises, qui organise les luttes sociales, et doit souvent faire face à la police et à la justice poutinienne pour cela. Citons extrait de prose authentique de Guennadi Ziouganov, tiré de l’incipit de son livre Le temps et la classe ouvrière, paru en 2014 : « Il n’y a qu’une alternative au capitalisme : le socialisme. Le XVème Congrès du KPRF a tiré une conclusion fondamentale : « La crise du capitalisme crée une situation de plus en plus instable et dangereuse. En même temps se forme toute une série de nouvelles possibilités pour la lutte contre le socialisme. Dans ces conditions est extrêmement important le facteur subjectif du processus révolutionnaire. Le parti communiste est appelé à renforcer ses liens avec les masses populaires, s’appuyer sur leur créativité, remplir son rôle d’avant-garde de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, des vétérans et de la jeunesse. Seul un tel parti pourra développer un large front de lutte contre le capital. Lui seul assurera le succès au moment d’une irruption révolutionnaire ». La citation parle pour elle-même et le journal de solidaritéS raconte n’importe quoi. Contrairement à ce qui est également insinué, le KPRF ne soutient aucune forme d’impérialisme russe ni de restauration impériale. Il s’agit d’un parti authentiquement anti-impérialiste et anti-fasciste, qui prône l’amitié entre les peuples ainsi qu’une nouvelle union sur une base réellement égalitaire des 15 ex républiques soviétiques, le contraire justement d’une hégémonie impériale. Il s’agit certes d’un parti patriotique, qui défend les intérêts bien compris du peuple russe, et s’élève pour la défense de la Russie face à l’agression impérialiste de l’OTAN et des USA. Certes, d’aucuns pourraient trouver cela choquant, vu qu’ils croient qu’être de gauche implique d’adhérer au cosmopolitisme bourgeois et au nihilisme national. C’est une des plus graves erreurs théoriques du trotskisme. A contrario, les partis communistes ont toujours vu un lien dialectique indissoluble entre internationalisme authentique et patriotisme prolétarien, ce qui est une position juste. Citons seulement Jean Jaurès : « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale, beaucoup de patriotisme y ramène ». L’auteur de l’article semble également voir quelque chose d’infâmant dans le fait que le KPRF défende l’héritage soviétique, et que ces militants défilent parfois avec des portraits de Staline. Ce qui en fait un représentant typique de ce « marxisme » pour révolutionnaire de salon qui consiste à dénigrer tout ce qui est ou a été réellement fait pour rompre avec l’oppression capitaliste et tenter de construire une société socialiste. Un tel exercice est au mieux du baratin creux et inutile pour les luttes, et plus souvent joue un rôle néfaste et démobilisateur. Ce n’est en tout cas pas du marxisme du tout. Nous souhaiterions juste rappeler à l’auteur que si Staline n’avait pas été là, il ferait aujourd’hui le salut nazi, et n’aurait pas la liberté d’étaler ses divagations où que ce soit. Devrions nous jeter la pierre à un grand parti communiste qui a le courage d’assumer le passé socialiste de son pays, quelques soient ses contradictions et ses imperfections, et de tenir bon face à la propagande anticommuniste ? Nous estimons au contraire que c’est tout à son honneur.

Le Parti Suisse du Travail estime qu’il est de sont devoir internationaliste de renforcer ses liens avec tous les partis communistes et ouvriers du monde, ce qui inclut le KPRF. Et il n’a besoin de l’approbation de personne pour cela. Quant à ceux qui veulent écrire sur un pays dont visiblement ils ne savent pas grand chose, nous leurs conseillons de s’informer auparavant et de vérifier leurs sources, plutôt que de raconter n’importe quoi.

Pour le Parti du Travail

Alexander Eniline

Président

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