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Communiqué de presse relatif au résultat des élections grecques du 25 janvier 2015

mardi 27 janvier 2015

Le Bureau du Parti du Travail, réuni en sa séance ordinaire ce lundi 26 janvier, tient à saluer le vote du peuple grec lors des élections parlementaires du dimanche 25 janvier, qui représente un formidable signal d’espoir pour tous les peuples d’Europe qui subissent le fléau des politiques d’austérité, un symbole fort de par la majorité absolue en sièges détenue par les partis issus de la gauche radicale, et un formidable camouflet pour les eurocrates néolibéraux de Bruxelles et leurs commis locaux. Les partis pro-austérité agenouillés devant Mme Merkel et les technocrates non-élus de la Commission européenne font à eux deux à peine un tiers de voix, alors qu’ils s’étaient partagés le pouvoir depuis la chute de la junte des colonels. Le laminage du Pasok, qui passe à peine le quorum, est une excellente nouvelle et un bon rappel du destin qui attend les partis de « gauche » qui trahissent de façon éhontée les principes dont ils se sont un jour réclamé et se mettent au service des possédants contre le peuple. Espérons que Nouvelle démocratie rejoindra bientôt le Pasok là où est sa vraie place, dans les poubelles de l’histoire. Tous les autres partis qui ont pu rentrer à la Vouli incarnent d’une façon ou d’une autre le refus de l’eurodictature et des politiques d’austérité, même s’ils ne représentent pas tous, et de loin, une alternative véritable. Nous tenons tout particulièrement à saluer le résultat de nos camarades du Parti communiste de Grèce (KKE) pour leur score en progression par rapport au dernier scrutin, et rappeler leur rôle irremplaçable dans l’organisation des luttes populaires et syndicales contre les politiques antipopulaires des gouvernements à la botte de la Troïka.

Mais la principale nouvelle de cette élections est bien sûr la victoire de Syriza, Coalition de la gauche radicale, membre du Parti de la Gauche européenne, dont fait aussi partie le Parti Suisse du Travail (s’il y a bien un référent pour Syriza à Genève, c’est le Parti du Travail et personne d’autre), à qui il manque seulement deux sièges pour avoir à eux seuls la majorité absolue. Si tant de Grecs ont voté pour Syriza, c’est que, malgré la chape de plomb d’une propagande néolibérale et anticommuniste hystérique et omniprésente, malgré les menaces, les ingérences et le chantage du gouvernement ND-Pasok et de l’UE, l’idéologie dominante a perdu toute crédibilité, que l’oppression capitaliste et les mesures antipopulaires pour la maintenir sont devenues intolérables, que la tyrannie de la bureaucratie bruxelloise remet en cause les conditions les plus élémentaires de la simple survie du peuple grec, et que Syriza a su soulever les problèmes qui se posent au pays, exiger une politique en faveur des justes intérêts des classes populaires et non plus des grands monopoles et des plus riches, et incarner une alternative crédible aux yeux des électeurs grecs. Syriza exige en effet la fin des politiques d’austérité, qui, quoi qu’en disent les pseudo-experts néolibéraux autoproclamés, ne répondent à aucune nécessité économique. Leur bilan est au contraire catastrophique : la dette grecque, qui représentait 120% du PIB au début de la crise, culmine aujourd’hui à 176%, le PIB a chuté de plus de 25%, le chômage atteint des sommets, le peuple grec est condamné à la misère généralisée. Tout cela, pour augmenter un peu plus les profits des monopoles et l’accaparement des richesses par une toute petite minorité. Le programme électoral de Syriza prévoit l’annulation de toutes ces mesures scandaleuses, ainsi que le rétablissement des droits des travailleurs et des acquis sociaux pour répondre à l’urgence humanitaire que vit le peuple grec. Quant à la dette, Syriza prévoit d’en négocier le rééchelonnement, et surtout, plus intéressant, d’en organiser un audit pour en annuler la partie illégitime, c’est-à-dire frauduleuse, issue d’arrangements intéressés, souvent à la limite ou contre la loi, entre banquiers et politiciens qui ne regardaient que leur intérêt personnel au détriment de celui du pays, ce qui, selon les calculs des économistes de Syriza correspond à la plus grande partie de la dette grecque. Et cette revendication est juste et nécessaire : les dettes des Etats sont une affaire hautement lucrative pour des banques privées et intéressantes pour des politiciens corrompus, et des chapes de plomb qui servent de prétextes à imposer des politiques antipopulaires. Les banques d’affaire ont beaucoup gagné en spéculant sur la dette grecque. Il est parfaitement scandaleux qu’elles veuillent en plus faire passer le peuple grec à la caisse. Il faut le dire haut et fort, les dettes que les politiciens bourgeois font auprès de leurs copains banquiers pour leur avantage personnel ne sont pas le fait des peuples. Ils n’ont pas à les payer !

Est-ce que le programme électoral de Syriza pourra être appliqué en restant dans ce carcan néolibéral et anti-démocratique que l’UE et l’Euro représentent, et dont Syriza ne veut pourtant pas sortir ? Mme Merkel et des représentants de la Commission européenne et du FMI se sont permis des propos d’une arrogance stupéfiante, disant qu’il n’y a rien à renégocier, et que la Grèce doit « honorer ses engagements ». Ils ont donc montré leur total mépris pour la démocratie et le vote souverain du peuple grec, et leur choix de l’épreuve de force. Le choix de Syriza de s’allier au parti des Grecs indépendants (droite souverainiste, anti-austérité, anti-dette illégitime, anti-euro, anti-UE) plutôt qu’aux centristes à-plat-ventristes devant l’UE de Potami, s’il est contestable pour un parti de gauche, peut en réalité être un bon signal, le signal du fait que Syriza a choisi de relever l’épreuve de force de la technocratie bruxelloise et de ne pas céder. Quoi qu’il en soit, ce vote très clair du peuple grec doit servir de signal aux peuples d’Europe, un signal pour renforcer les luttes, et non les atténuer au nom d’illusions parlementaristes, de mener plus résolument la lutte contre l’eurocratie néolibérale, contre les politiques d’austérité, contre le chantage à la dette illégitime, contre l’oppression capitaliste, pour le socialisme. Bien que la Suisse ne fasse pas partie de l’UE et que nous n’ayons pas à subir pour cette raison sa Troïka et ses mémorandums, cette lutte est aussi la nôtre. A Genève, un budget ultra-austéritaire a été récemment voté par les partis de droite antipopulaire que sont le PLR, l’UDC et le MCG. Et il est de notre responsabilité de faire entendre au peuple genevois l’appel que les travailleurs et les classes populaires de Grèce ont envoyé à tous les peuples d’Europe, de faire en sorte qu’il fasse partager à se partis qui sont ses ennemis le sort du Pasok et de Nouvelle démocratie.

Pour le Parti du Travail

Alexander Eniline

Président

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