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Communiqué sur le résultat des votations populaires du 8 mars 2015

dimanche 8 mars 2015

Victoire a minima pour Maudet et sa loi, la lutte continue contre l’Etat policier

Le Parti du Travail regrette que le OUI l’ait emporté pour la nouvelle Loi sur la police, liberticide, antidémocratique et antisyndicale, qu’il avait combattue. Il se fait qu’il s’agit d’un OUI par seulement 42 voix. De quoi relativiser beaucoup cette victoire, sur le fil du rasoir et presque due au hasard. Le conseiller d’Etat Maudet voulait un plébiscite pour sa loi. Or, malgré une campagne massive de tout le camp bourgeois, malgré une trahison de plus du PS et des Verts qui ont appelé à voter pour le OUI et même accepté de figurer sur le même tract que les pires néolibéraux du PLR, cela n’a pas été le cas. La campagne de gauche et syndicale contre cette loi néolibérale et ultra-répressive n’aura donc pas été inutile et aura presque réussi à faire pencher la balance. Du reste, pratiquement toutes les circonscriptions populaires ont massivement refusé la LPol, en revanche, les communes bourgeoises de la zone villa se sont clairement prononcées pour la loi.

« Celui qui est prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et perdra les deux », disait Benjamin Franklin. Le PLR a aujourd’hui totalement renié cet héritage positif du libéralisme. Jadis, les libéraux luttaient contre l’arbitraire de l’Etat policier, du temps où c’était les rois qui étaient aux commandes et utilisaient le bras armé de l’Etat contre eux, et disaient vouloir défendre les droits de l’individu face à la tyrannie étatique. Les libéraux d’aujourd’hui eux ont jeté ce combat aux oubliettes et au contraire n’ont d’autre but que de renforcer de plus en plus le bras armé de l’Etat bourgeois qu’ils contrôlent afin de préserver ad aeternam les privilèges scandaleux de ceux au service de qui ils travaillent, malgré leur coût social et écologique de plus en plus insupportable et la juste contestation dont ils font de plus en plus l’objet. Or, cette dérive mène à un démantèlement progressif des droits démocratiques au profit de ce qui ressemble de plus en plus à une dictature policière. Rappelons tout de même que la nouvelle LPol contient trois dispositions qu’entre temps le Tribunal fédéral avait annulé car étant contraires à l’Etat de droit ! Ce sera quoi l’étape suivante ? Un patriot act à l’américaine ? Et ensuite, l’obligation d’avoir chez soi un télécran branché en permanence ? Heureusement, la majorité très faible à laquelle la LPol est passée démontre que cette offensive antidémocratique ne fait pas consensus parmi la population. Le Parti du Travail continuera plus que jamais à se battre pour défendre les libertés démocratiques face à tous leurs fossoyeurs, quels qu’ils soient.

Le rôle du PS et des Verts dans l’affaire a été, une fois de plus, absolument navrant. Ils se sont mis sans réserve au service de Maudet, on ne sait pas trop pourquoi et ont une responsabilité tout à fait majeure dans cette nouvelle régression démocratique. On est au moins là bien dans la continuité de l’histoire de la social-démocratie, qui, depuis le vote des crédits de guerre en 1914, n’est qu’une succession de trahison des classes populaires qu’elle prétendait défendre au profit des possédants qu’elle affirmait combattre. Cela prouve en tout cas que ceux qui ne veulent plus subir l’oppression capitaliste et néolibérale n’ont rien à attendre du PS ni des Verts et doivent se tourner vers celles et ceux qui s’engagent réellement pour la rupture avec ce système, et en tout premier lieu vers le Parti du Travail.

Par delà ces considérations, ce vote tranché à seulement 42 voix près pose le problème de la procédure de vote. En effet, le système électoral genevois actuel, qui réduit le vote dans l’urne, qui est la seule façon de voter relativement sûre, et le rôle des jurés électoraux, et qui laisse une place écrasante au vote par correspondance, au vote par internet, qui ne présente aucune fiabilité, et au prédépouillement effectué sans aucun contrôle démocratique, n’est absolument pas sûr, ouvre plusieurs possibilités de fraude électorale dont rien ne nous dit qu’elles ne sont pas utilisées, et entretient une suspicion légitime sur les résultats déclarés des votes populaires. En l’état nous n’avons aucune raison valable de faire confiance aux autorités et exigeons la mise en place d’un système de vote beaucoup plus fiable et avec un contrôle démocratique beaucoup plus strict à toutes les étapes.

Non à l’initiative des Verts ‘libéraux. Cela n’empêche pas qu’il faut changer et la fiscalité et le modèle de développement

Le Parti du Travail salue le rejet très large par le peuple, toutes les communes genevoises et tous les cantons suisses de la pseudo-taxe écologique des Verts ‘libéraux sensée remplacer la TVA, qui n’était qu’une initiative purement électoraliste et marketing sensée uniquement montrer que les Verts ‘libéraux sont un parti à la fois écologiste, ce qui est sujet à caution, et libéral, ce dont personne ne doute, mais qui aurait eu des effets désastreux et sur le revenu de ceux qui en ont peu et des finances publiques, ainsi qu’un impact écologique pour le moins mitigé, si elle avait dû être appliquée. Néanmoins, nous réaffirmons notre opposition depuis toujours à la TVA, qui est une taxe injuste et antisociale au possible. Toutefois, nous militons pour la remplacer par l’imposition directe, pas par une autre taxe tout aussi injuste et antisociale. Il est vrai aussi que des mesures doivent être prises pour changer notre modèle de développement afin de le rendre compatible avec la préservation de l’environnement et la survie de notre espèce à long terme. Mais pour cela il est nécessaire en tout cas de prendre des mesures volontaristes de la part des collectivités publiques, et à vrai dire de changer de mode de production puisque jamais le capitalisme ne cessera d’être prédateur et destructeur de la nature comme de l’être humain. Des mesures libérales ne sauraient jamais y suffire.

Echec de l’initiative du PDC, des mesures doivent quand même être prises pour soutenir les familles à bas revenus.

Le Parti du Travail prend acte du rejet tout aussi large de l’initiative du PDC pour la défiscalisation des allocations familiales qu’il avait soutenue, car, malgré certains défauts importants et l’intention d’évidence principalement électoraliste du PDC, cette initiative aurait quand même apporté une aide bien réelle aux familles à bas revenus. Elle aurait également fait baisser le revenu qu’elles doivent déclarer aux impôts et aurait donné à certaines le droit à des allocations qu’elles ne peuvent pas toucher aujourd’hui. Ces problèmes que nous avions soulevé et qui nous ont amené à soutenir le OUI n’ont en tout cas pas été résolus avec le rejet de l’initiative du PDC. C’est pourquoi, le Parti du Travail se battra pour que soient adoptées des mesures ciblées en direction de familles qui en ont réellement besoin.

Pour le Parti du Travail

Alexander Eniline

Président

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