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Congrès ordinaire de la section cantonale genevoise du Parti Suisse du Travail du 23.06.18 : Rapport politique

mardi 26 juin 2018

Chères et chers camarades,

Nous tenons notre présent Congrès à une époque qui, pour un regard superficiel, ne paraît guère – c’est le moins que l’on puisse dire – propice pour les communistes et les forces de progrès. Une époque où le capitalisme règne presque sans partage sur la quasi-totalité de la planète – alors qu’il ne reste qu’une petite poignée de pays socialistes – où la contre-révolution néolibérale enserre le monde en une véritable chape de plomb, où ce sont des idées réactionnaires, sous leurs diverses variantes, qui sont largement hégémoniques, tandis que le mouvement communiste international est dramatiquement affaibli et que les forces de progrès sont presque partout en échec. Une époque aussi où seuls quelques idéologues néolibéraux continuent de prétendre croire que leur monde promet un avenir radieux, mais où presque personne ne les croit plus, et où en général les gens pensent que demain sera pire qu’hier.

Et pourtant, seul un observateur superficiel pourrait en déduire qu’il ne reste plus qu’à baisser les bras, qu’il n’y a plus aucun espoir. Car, bien au contraire, même si le présent ne nous est guère favorable, notre Parti et les idées qu’il porte sont plus nécessaires que jamais aujourd’hui.

Le crépuscule inexorable du vieux monde

Lorsque le socialisme était renversé par la contre-révolution en URSS et dans la plupart des pays qui l’avaient connu, les idéologues les plus en vue de la bourgeoisie claironnaient avec arrogance la « fin de l’histoire » : l’avenir allait être au capitalisme, à tout jamais. Certains renégats du mouvement communistes ont également désespéré de leur cause, et on rallié une social-démocratie, elle-même ralliée au néolibéralisme. Les deux avaient naturellement tort.

Beaucoup de partis communistes, sans rien renier de leurs principes, furent durablement et profondément ébranlés par les tragiques événements de la fin du siècle dernier. Pourtant, malgré l’ampleur de la défaite, il était trop tôt pour les vainqueurs du jour de crier victoire, et pour les vaincus de désespérer. Comme l’a dit Lénine : « il est antidialectique, antiscientifique, théoriquement inexact de se représenter l’histoire universelle avançant régulièrement et sans heurts, sans faire quelquefois de gigantesques sauts en arrière ».

Aujourd’hui, même les néolibéraux endurcis n’oseraient guère reprendre leurs accents triomphalistes d’il y a trente ans, et on s’étonne presque à relire ce qui fut alors écrit que l’on ait pu sérieusement l’écrire. Car on n’observe aujourd’hui aucune « fin de l’histoire », aucun glorieux triomphe de la liberté du libre-marché et de la démocratie occidentale, mais plutôt tous les signes du déclin irréductible d’une formation économico-sociale.

Ne serait-ce que parce que la contre-révolution néolibérale triomphante, la reprise en main de la totalité du pouvoir par une infime oligarchie, a eu le temps de déployer ses effets. Et ses effets n’ont été que très logiquement une concentration d’une ampleur jamais vue auparavant de richesses et de pouvoir en aussi peu de mains. Ainsi 8 (oui, seulement 8 !) personnes les plus riches du monde possèdent aujourd’hui autant que les 50% les plus pauvres de la population mondiale ; et 82% des richesses produites en 2017 sont revenues au 1% les plus riches. Mais cet accaparement des richesses aux mains des plus riches ne pouvait se faire sans produire de la misère dans les mêmes proportions. De fait, 815 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim (c’est-à-dire en sont réduits à moins de 1’800 calories par jour), soit une personne sur 9 (et un enfant de moins de 5 ans sur 4). 10% de ces 815 millions en sont réduits à la famine. Et une personne sur 4 en ce monde (soit 2 milliards de personnes), souffre de carences alimentaires. A tous les niveaux, les inégalités ont atteint des proportions abyssales. La part des revenus revenant aux salaires a été drastiquement diminuée ces trois dernières décennies, au profit de celle accaparée par le capital. Ces inégalités sont non seulement choquantes, elles sont proprement intolérables. Pas seulement d’un point de vue moral. Aucune société ne saurait survivre longtemps avec une répartition des richesses aussi inégale, aussi inacceptable pour la grande majorité de ses membres. Cela seul suffirait à conclure que le capitalisme ne peut plus durer, et que la toute petite oligarchie qui en profite honteusement doit d’urgence être renversée, afin d’ouvrir la voie vers une société nouvelle, socialiste.

Et ce n’est pas tout. Le capitalisme est très loin d’être sorti de la crise systémique qui s’est déclenchée en 2007, avec les subprimes aux USA. Malgré tous les milliards injectés pour sauver les banques virtuellement en faillite, l’économie mondiale n’a retrouvée qu’une croissance atone, équivoque et aléatoire ; les puissances impérialistes n’affichant qu’une croissance très faible, voire nulle, et confinant à l’inflation. Quoi que valent ces indicateurs macroéconomiques, aussi critiquables soient-ils, ils montrent du moins que l’économie capitaliste est dans une impasse, ne pouvant se sortir d’une suraccumulation du capital ayant dépassé toutes les limites imaginables. Du reste cette crise de surproduction, due à la suraccumulation du capital, se constate encore mieux à l’œil nu, de par la désindustrialisation de régions entières, dont les industries n’arrivent plus à écouler leur production sur un marché saturé, par la mise de millions d’ouvriers au chômage. La dévastation de Detroit est à ce titre plus éloquente que toutes les courbes de PIB. Les classes dominantes n’ont pas été capables, puisqu’elles ne le peuvent tout simplement pas, trouver de solution durable. Toutes les promesses hypocrites de « moralisation » du capitalisme ont été vite oubliées. Les causes qui ont été à l’origine de la crise sont toujours là, car elles ne peuvent être supprimées tout en restant dans un cadre capitaliste. Par ses « solutions », faire payer la crise aux peuples et tenter de conquérir de nouveaux marché, la grande bourgeoisie n’a fait qu’aggraver la crise. Les politiques d’austérité brutales imposées par la bourgeoisie monopoliste allemande, aux commandes effectives de l’Union européenne, à plusieurs pays d’Europe, n’ont fait que plonger ces pays dans une dépression économique et une catastrophe sociale. Cette tyrannie néolibérale a eu pour effet au final de créer des tensions qui pourraient rendre intenable l’existence même de ce Saint-Empire capitaliste ordolibéral qu’est l’UE. Et la compétition entre grandes puissances pour le contrôle des marchés et des ressources au service de leurs multinationales respectives a plongé une grande partie du monde dans la misère, et plusieurs de ses régions dans le chaos et le sang. La guerre des tarifs douaniers ouverte par l’administration Trump témoigne d’un conflit d’intérêt de plus en plus aigu entre puissances impérialistes. La rhétorique agressive de la dite administration est celle de la nervosité d’un empire qui essaye de résister face à son déclin. Sa politique de rupture avec une instance onusienne après l’autre – quelques puissent être par ailleurs les limites intrinsèques à l’ONU telle qu’elle existe actuellement – est l’affirmation brutale d’unilatéralisme impérial, de rejet de l’idée même d’un droit international ; elle ne rappelle que trop bien les dernières années de la défunte SDN. Gesticulations qui menacent de plonger le monde dans la guerre. Comme l’a dit Rosa Luxemburg : « Le capital n’est pas qu’à sa naissance “dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores“, mais pendant toute sa marche à travers le monde ».

Le phénomène dit du « populisme » de droite, dont Trump, le nouveau gouvernement italien, ou avant eux Christophe Blocher sont des incarnations type ; l’usure de plus en plus accélérée des hommes d’Etat de la bourgeoisie et de ses partis historiques, témoignent, quoique d’une façon aberrante, du mécontentement des classes populaires des pays capitalistes, de leur refus d’être gouvernées comme avant, ainsi que de la difficulté croissante pour la classe dirigeante de continuer à gouverner exactement comme avant. Symptôme seulement toutefois, dans la mesure où grâce aux politiciens et partis « populistes », faussement du côté du peuple, la bourgeoisie parvient en fait à gouverner presque comme avant. Comme l’avait dit Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres ». Ce phénomène, et la dérive de plus en plus autoritaire des démocraties capitalistes montrent néanmoins que ces régimes sont en bout de course, suscitent une révolte croissante, et ont de plus en plus de peine à se maintenir. Cet état de fait, le néolibéralisme triomphant qui se trouve confronté à des oppositions croissantes et se convertit en son contraire apparent, en autoritarisme tenté de conservatisme et d’ultranationalisme, avait été prévu des penseurs au service de l’oligarchie, plus précisément les sieurs Schwab et Smadja, organisateurs du forum de Davos, à une époque où le néolibéralisme semblait encore au sommet de sa gloire, en 1996 :

« La mondialisation de l’économie est entrée dans une phase nouvelle : une violente réaction contre ses effets est en train de monter, tout particulièrement dans les démocraties industrielles, où elle menace de perturber l’activité économique et la stabilité sociale de nombreux pays. L’état d’esprit qui domine dans ces démocraties et un mélange d’impuissance et d’inquiétude, qui contribue à expliquer le succès de politiciens populistes d’un nouveau genre. Tout cela pourrait facilement finir en révolte ».

C’est aux communistes que nous sommes d’apporter une perspective politique à cette révolte, celle du socialisme. C’est d’autant plus urgent que le capitalisme ne se contente pas de générer misère et souffrances, mais mène rapidement notre espèce à l’extinction, en rendant la planète bientôt inhabitable pour la plupart des formes de vie qui s’y sont développées. Le problème est connu. Et il est beaucoup plus grave qu’on ne le croit généralement. Le changement climatique, la pollution, la détérioration de la biosphère, ont d’ores et déjà atteint un point critique. De fait, il est presque déjà trop tard, et ceux qui vivent aujourd’hui sont la dernière génération à pouvoir encore y faire quelque chose. En prenant des mesures globales et de grande ampleur, pas juste avec les « petits gestes du quotidien ». Il est universellement reconnu par la communauté scientifique que le seuil de 2°C de réchauffement climatique, pourtant considéré comme un maximum critique, sera dépassé. On a récemment trouvé un sac en plastique dans la Fosse des Mariannes, à 10 km de profondeur. Ce fait illustre douloureusement le niveau dramatique de la pollution des océans (où de fait abondent les zones vidées de leurs poissons par la surpêche, et de plus en plus de zones mortes, désertées de pratiquement toute forme de vie). La déforestation, la pollution des sols et des eaux, la désertification ont atteint des sommets catastrophiques.

Et que fait la classe dirigeante pour remédier à ce problème ? Ridiculement peu ! Les USA ont même élu à leur tête un président climatosceptique. Mais les autres décideurs de la bourgeoisie, même s’ils ne sont pas climatosceptiques, ne font pas mieux. Le premier ministre du Canada, le libéral « progressiste » Justin Trudeau, a causé encore plus de dégâts que Trump à la planète en encourageant une exploitation sans restrictions du pétrole de schiste.

Il ne s’agit pas seulement de mauvaise volonté ou de stupidité. La classe dirigeante ne peut pas à la fois prendre les mesures qui s’imposent et conserver son système, fondé sur le profit maximum à tout prix. Elle ne serait pas la première classe dirigeante de l’histoire à disparaître avec la civilisation qu’elle dirigeait pour avoir surexploité sans vergogne les ressources naturelles dont elle dépendait. Sauf que cette fois l’extinction sera définitive.

Plus que jamais, comme l’a dit Thomas Sankara : « Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns ou l’eau potable pour tous » ; plus que jamais, sortir du capitalisme est une question de survie. Seul le socialisme peut remplacer le capitalisme. Seuls les partis communistes, armés de leur héritage théorique et politique, sont à même de conduire cette lutte jusqu’au bout.

Suisse, une « prospérité » pour quelques uns, et sur des fondations fragiles

Pour un observateur superficiel – dont on trouve pléthore d’incarnations dans les médias bourgeois – la Suisse apparaît toujours comme un îlot de prospérité, épargné par la crise du capitalisme, et de stabilité sous hégémonie bourgeoise ; un pays libéral et conservateur, à l’ordre immuable. C’est naturellement faux.

D’abord parce que la Suisse est un pays extrêmement inégalitaire, où seulement une infime minorité profite réellement de sa prospérité ; une partie, importante mais qui se réduit tendanciellement, de la population en bénéficie quelque peu ; et de plus en plus de personnes n’en voient pas la couleur, et sont réduites à la précarité, parfois la plus extrême. Ainsi, les 1% les plus riches possèdent 58,9% de la fortune totale dans notre pays (seul Singapour affiche, « officiellement », une répartition de la fortune aussi inégale) tandis que 7,7% de la population vit dans la pauvreté. Les décideurs de la bourgeoisie essayent de nier cette réalité. Ainsi le chef économiste de Lombard Odier, Samy Chaar, déclare, le plus sérieusement du monde (cité par Le Temps du 08.06.18) que « La Suisse se situe en situation de plein emploi ». M. Chaar ne droit pas vivre dans le même pays que nous. Mais les classes populaires sont de moins en moins disposées à tolérer cette situation, qui devient objectivement de moins en moins tolérable.

La stabilité de la Suisse est aussi moins sûre qu’elle ne le semble. Certes, ni son modèle économique, ni la domination politique de sa classe dirigeante n’ont réellement été ébranlées à ce jour. Mais le modèle économique suisse est en fait fragile, et confronté à des difficultés réelles. L’industrie d’exportation suisse est évidemment dépendante de la demande extérieure, et à se titre touchée par la crise du capitalisme. De fait, la bourgeoisie suisse n’a presque pas investi dans l’appareil productif ces dernières années, hormis certains secteurs bien précis, non par manque de capital, mais par manque de débouchés et par pessimisme quant aux perspectives d’en trouver. Elle a également procédé à un certain nombre de délocalisations ces dernières années, détériorant ainsi un peu plus la situation des travailleurs de notre pays. Quant à l’autre pilier du capitalisme suisse, la finance, ce secteur parasitaire est éminemment exposé à toutes les pressions des puissances impérialistes plus importantes que la Suisses, et ne saurait être durable.

La domination politique de la bourgeoisie est également confrontée à quelques difficultés. Bien qu’apparemment incontestée, elle a échoué à faire accepter par le peuple certains de ses projets phares, comme la RIE III, ou PV2020. L’échec de la RIE III la met particulièrement en difficulté. Pour tenter de faire quand même passer cet scandaleux cadeau fiscal, exigé par les grandes entreprises pour accroître encore plus leurs profits sur le dos des travailleurs et des classes populaires, les partis bourgeois ont trouvé comme solution de le renommer PF17, et de tenter de faire l’avaler au peuple en l’assortissant de moyens supplémentaires pour l’AVS. On est là aux limites d’un exercice, même des juristes bourgeois admettant que ce paquet est plus que douteux au niveau de l’unité de la matière. Mais, pour cette combine, la bourgeoisie a bénéficié du soutien du PSS, ravi que la droite veuille désormais « négocier » avec lui (il n’avait combattu, au niveau national, la RIE III principalement que pour cette raison, parce qu’on n’a pas voulu « négocier » avec lui). Ce rôle du PSS dans la trahison doit être relevé. C’est lui en effet, ainsi que l’appareil de l’USS sous son contrôle, qui a été le défenseur le plus acharné de la contre-réforme PV2020. Le réformisme du PSS l’a de fait mené à une intégration totale au sein de l’appareil d’Etat capitaliste, au point de trahir les travailleurs qu’il a prétendu défendre, et de négocier le démantèlement social avec les représentants politiques de la bourgeoise. Un parti tel que le nôtre, le Parti Suisse du Travail – qui est le seul parti national authentiquement de gauche existant dans notre pays (un fait que certains de nos alliés feignent de ne pas voir) – sur une ligne de classe claire, est plus nécessaire que jamais.

Genève, offensive réactionnaire et résistances

Ce qui vient d’être dit au sujet de la Suisse en général est vrai aussi du canton de Genève. Notre canton présente toutefois la particularité d’avoir une économie tertiarisée à 85%, reposant très largement sur la finance, et sur un secteur non seulement parasitaire, mais qu’il serait juste de qualifier de criminel, qu’est le trading en matières premières. Ce modèle de développement, si on peut le qualifier ainsi, est absolument non-durable, outre le fait qu’il génère assez peu d’emplois disponibles pour la population résidente, mais beaucoup de gentrification et d’inflation, accroissant encore la crise du logement. Ce modèle parasitaire ne peut durer éternellement, et devrait être remplacé par un modèle plus sain, fondé sur la relocalisation des activités productives, les circuits courts, un développement à un tout autre niveau des services publics. Notre Parti aurait un rôle important à jouer dans ce domaine.

Si ce développement centré sur la finance est propice à la bourgeoisie, donnant une base sociale stable et nombreuse au PLR, il est tout autant générateur de précarité : 15% de la population genevoise renonce à des soins de santé pour des raisons financières, 14% de la population genevoise (et 28% des familles monoparentales) est à l’aide sociale ; 20% de ces personnes à l’aide sociale sont des working poors ; la population « à risque de pauvreté » est de 30% plus élevée à Genève que dans le reste de la Suisse. C’est notre Parti, et lui seul, qui peut défendre et organiser politiquement cette classe populaire laissée sur le carreau par le capitalisme.

La situation politique issue des nouvelles élections cantonales ouvre de nouvelles perspectives pour cela, dont je parlerai d’ici quelques minutes.

Bilan du travail politique du Parti

Ce contexte pose assez éloquemment la nécessité objective de notre Parti et de son combat politique. Comment juger le travail politique accompli par les instances élues par notre précédent Congrès ? Il aurait sans doute pu avoir été plus important, plus significatif et plus efficace. Il fut néanmoins assez considérable et multiforme : présence aux manifestations, participation à des initiatives et des référendums, publication de l’Encre Rouge, engagement de notre section au sein des instances nationales du PST et dans Gauchebdo…Ce travail aurai pu porter plus de fruits si n’étaient nos lacunes en matière d’organisation, que je laisse au rapport d’organisation, et à notre nombre de membres qui demeure insuffisant. Je parlerai de trois aspects particulièrement significatifs du travail politique des instances sortantes du Parti.

Ensemble à Gauche et élections cantonales

Circonstances obligent, le temps et l’énergie des instances du Parti élues par le précédent Congrès ont été en grande partie consacrées à notre politique d’alliance, à la coalition Ensemble à Gauche et aux élections cantonales, qui se sont tenues le 15 avril dernier. Nous pouvons, sommes toutes, tirer de ce travail – qui fut rigoureusement indispensable – un bilan globalement satisfaisant.

La crise interne à Ensemble à Gauche, due aux agissements de quelques individus nuisibles – dont notre dernier Congrès avait dû traiter, est désormais dépassée depuis longtemps. De par l’élimination des dits individus de la coalition, et en renonçant à considérer des composantes devenues fantomatiques comme existantes, Ensemble à Gauche a été ramenée à trois composantes réellement existantes, que sont le Parti du Travail, solidaritéS et le DAL, organisations existant à part entière, ayant une base militante et une identité politique. Cette clarification, loin de constituer une énième « division » de la gauche radicale genevoise, a bien plutôt été un bienvenu assainissement. La coalition Ensemble à Gauche y a gagné en clarté et en cohérence, son fonctionnement est devenu – d’un facteur incalculable – plus unitaire et plus serein. La nécessité de contrer les agissements des dits individus nuisibles – qui ne méritent pas d’être nommément cités dans un document de cette importance du Parti du Travail – a eu pour conséquence, au final bienvenue, de contraindre Ensemble à Gauche de se doter d’une personnalité juridique, d’adopter des statuts. Nous étions à l’origine réticents face à cette perspective, dans la mesure où la stabilisation d’Ensemble à Gauche sous forme d’association aurait pu présenter le danger d’ouvrir la porte à sa transformation progressive en parti unique de la gauche radicale genevoise, réduisant notre Parti à un effacement inéluctable. Mais le fait est que les statuts qui ont au final été adoptés bloquent une telle perspective, dans la mesure où ils garantissent la souveraineté totale des composantes et le respect de leur propre fonctionnement, ainsi que la prise de décisions à l’unanimité des composantes au sein d’Ensemble à Gauche. Toute évolution vers une structure unitaire plus forte, plus envahissante, est rigoureusement, juridiquement impossible sans notre accord – et inutile de dire que jamais nous ne le donnerions.

Cette refondation de la coalition Ensemble à Gauche a été mise à profit pour une campagne électorale pour le Grand Conseil, précédée d’une précampagne et d’une pré-précampagne, plus longue, plus multiforme et plus chère que toutes les campagnes de l’histoire de notre Parti, et aussi, globalement, plus unitaire et plus sereine dans les rapports entre composantes d’Ensemble à Gauche que toutes celles dont l’auteur de ces lignes se souvient. Il n’a pas toujours été facile de consentir à cet engagement, mais les instances du Parti ont estimé que ces conditions étaient absolument nécessaires pour garantir le maintien d’un groupe parlementaire Ensemble à Gauche au parlement cantonal, dont la disparition aurait signifié une détérioration dramatique du rapport de forces politiques au détriment des travailleurs, et un affaiblissement grave de notre propre Parti. Or ce maintien était loin d’être garanti, tant il est vrai que les quelques individus ayant quitté notre coalition ont pu nous causer des dégâts d’image importants, nonobstant leur insignifiance réelle. Certains médias leurs ont en outre accordé – et continuent parfois d’accorder – une place inversement proportionnelle à leur importance réelle. Et trois listes nous faisaient concurrence à la gauche du PS (bien qu’aucune de ses trois listes ne se soit revendiquée d’un tel positionnement). Notre précédent Congrès avait d’ailleurs constaté que reconduire un groupe parlementaire Ensemble à Gauche en 2018 serait une tâche difficile.

Au final, avec certes quelques dixièmes de pourcent de moins qu’en 2013, Ensemble à Gauche maintient ses 9 sièges au Grand Conseil. Ce qui est déjà un succès réel étant données les circonstances. Un succès dû non seulement à notre campagne, mais aussi au bon bilan du groupe parlementaire Ensemble à Gauche, ainsi que des luttes conduites par ses composantes, dont bien sûr notre Parti, qui, quant à lui, conserve son siège dans ce groupe. Nos anciens « dissidents » ont été très justement renvoyés au néant qu’ils représentent réellement par le peuple souverain. Aux prochaines élections municipales, ils rejoindront certainement les poubelles de l’histoire, là où est leur vraie place. Et, surtout, la gauche dans son entier progresse, avec désormais 41 sièges au Grand Conseil. Le PLR et le PDC progressent certes aussi, mais au détriment de l’UDC, qui franchit à peine le quorum, et du MCG, qui perd pratiquement la moitié de son groupe parlementaire.

Le MCG paye par là la scission de feu Genève en Marche, qui, malgré tous ses millions, offerts par des personnages pour le moins sulfureux, n’atteignit que 4% des voix – il y a tout de même une justice en ce bas monde, l’argent n’achète pas tout. La bonne nouvelle étant aussi que les dirigeants historiques du MCG, et son aile la plus néolibérale, la plus à droite, s’est auto-éliminée de la politique de par sa ridicule aventure électorale. Mais le MCG recule aussi parce que sa démagogie anti-frontaliers commence à lasser, puisque le temps a suffisamment montré qu’elle n’a strictement rien apporté aux classes populaires de ce canton. Le populisme d’extrême-droite se retrouve, provisoirement en tout cas, en recul. Le non-aboutissement, faute d’un nombre de signatures suffisant, de la dernière initiative du MCG contre les frontaliers prouve à la fois l’affaiblissement de ce parti, et le fait que sa marchandise frelatée trouve moins de demande qu’auparavant.

Cette configuration est globalement beaucoup plus favorable pour les classes populaires de ce canton. La gauche est politiquement renforcée. Le PS et les Verts sont certes des organisations réformistes, souvent opportunistes et politiquement versatiles, avec une base sociale petite bourgeoise. Il n’en reste pas moins que le PS genevois garde globalement une ligne de gauche, et a su éviter la plupart des trahisons du PSS. En s’engageant pour l’initiative zéro pertes, le PS et le Verts ont aussi pris un engagement qui leur lie les mains. L’Entente garde certes l’entier de son hégémonie, mais n’est pourtant pas majoritaire au Grand Conseil, même avec l’UDC. Le MCG se retrouve une nouvelle fois en position de faire et défaire les majorités, mais est affaibli par sa récente scission et son revers électoral. Etant un parti dirigé par des politiciens bourgeois, mais avec une base populaire, le MCG serait susceptible d’accéder à certaines revendications sociales de sa base. Il n’est, quoi qu’il en soit, plus en position de force. Ses incohérences, son vide idéologique et politique, sont plus visibles que jamais, et son avenir apparaît compromis.

Ce redressement de la gauche, accompagné de l’essoufflement, même provisoire, du populisme d’extrême-droite, signifie un contexte politiquement favorable pour les forces de progrès, une fenêtre d’opportunités qu’il faut savoir utiliser tant qu’elle est ouverte. La démagogie anti-frontaliers a vu son crédit baisser du fait de l’absence de tout résultat positif pour les travailleurs de ce canton. L’agenda néolibéral du PLR a pu plus d’une fois être vaincu en votation populaire. Certes, l’inflexion n’est pas radicale. Ensemble à Gauche restera, dans la plupart des cas, une force d’opposition. L’opportunisme du PS, et plus encore des Verts, les pousseront plus d’une fois à mener une politique de compromis avec l’Entente. Les circonstances sont néanmoins plus favorables qu’auparavant pour imposer, à travers un front commun des partis de gauche qui voudront s’y joindre et des syndicats, une contre-offensive progressiste et de classe ; comme par exemple à travers l’initiative de la CGAS pour un salaire minimum, dont nous avons soutenu le lancement. Cette politique ne sera pas toujours facile à réaliser, ni toujours couronnée de succès, et le PS et les Verts pourraient bien préférer la « Grande coalition » au front unique. Mais, précisément, « l’union n’est pas une idylle mais un combat ».

C’est aussi une chance pour Ensemble à Gauche non seulement de consolider son score, mais de se renforcer – puisqu’il faut bien l’admettre que le résultat à moins d’un point au-dessus du quorum est préoccupant pour l’avenir. D’aucuns en ont profité pour faire renaître le vieux serpent de mer – que notre Parti a su mettre en échec plusieurs fois par le passé – d’une unification de toute la gauche radicale au sein d’un seul parti ; d’ « inventer en marchant », ou d’un « big bang de la gauche radicale », pour reprendre quelques slogans nébuleux qui ont été utilisés.

Or rien ne justifie une telle perspective. Certainement pas le résultat d’Ensemble à Gauche, qui est moins préoccupant qu’il n’y paraisse, et est largement dû à des facteurs contingents, des épiphénomènes de l’histoire, comme l’affaire de la « Liste pour Genève », que tout le monde aura oublié d’ici peu de temps. Disposant désormais d’un groupe parlementaire complet de 9 députés, Ensemble à Gauche peut, de par le bon travail de ses élus, accroître grandement sa crédibilité et son influence. Du reste, une fusion mal définie au sein d’un quelconque grand machin aux contours flous ne serait en rien une solution, bien au contraire même. Car il y a une raison historique réelle pour que les différentes organisations de la gauche radicale ne forment pas d’ores et déjà un seul parti : des différences bien réelles tant au niveau idéologique que de la base sociale des dites organisations. Leur regroupement en une force unique ne donnerait pas d’autre unité que celle du flou et de l’incohérence doctrinale et politique. Et, sous couvert de la détestable mode postmoderne de faire du « nouveau », de créer une « nouvelle gauche », qui se débarrasse avec désinvolture d’une histoire qu’elle oublie, qu’elle ne veut pas assumer ou dont elle souhaite se débarrasser, on ne ferait rien d’autre que de recréer une pâle réplique de la social-démocratie d’avant 1914, qui, en raison de ses flottements internes mêmes, s’est laissée contaminer par l’opportunisme, et a fait irrémédiablement faillite dans l’ « Union sacrée » avec « sa » bourgeoisie impérialiste. Pour ce qui le concerne du moins, le Parti du Travail est fier de son histoire, dont il ne renie pas la moindre virgule, et n’a aucune intention de disparaître, ou de se dissoudre dans quelque vague machin unitaire que ce soit.

Sans doute, ce glissement a été quelque peu facilité par les contraintes de l’unité de la longue campagne électorale pour le Grand Conseil, ou la coalition a eu tendance a devenir quelque peu envahissante, au prix d’un certain effacement des composantes, si bien qu’Ensemble à Gauche a pu apparaître, et être des fois présentée comme telle dans la presse, comme une sorte de parti en devenir, si ce n’est d’un parti déjà existant. C’était là une contrainte nécessaire de la campagne électorale. Qui se justifiait, mais qui cesse de l’être hors période électorale. Si l’existence de cette coalition qu’est Ensemble à Gauche et son unité demeure indispensable, et notre Parti y est profondément attaché, il est vrai aussi qu’elle regroupe 3 composantes distinctes, qui ont leur propre ligne politique, et aucune vocation à se fondre en un seul parti. Notre Parti doit utiliser la pause bienvenue entre campagnes électorales pour se renforcer, en portant ses projets propres, en son propre nom et sous sa propre bannière.

Pour résumer, la stratégie générale pour les prochaines années doit être : contre-offensive progressiste et de classe, en maintenant l’unité d’Ensemble à Gauche, mais dans le respect de la souveraineté des composantes ; et dans le cadre d’un front unique de gauche et syndical, à chaque fois que celui-ci est possible et compatible avec nos principes, jamais quand le PS ou les Verts adoptent une position de conciliation avec la bourgeoisie et contraire aux intérêts fondamentaux des travailleurs. Car le front unique n’est pas un regroupement politicien, ou une tactique électoraliste, mais une stratégie de lutte de classe, qui ne peut mériter son titre que si elle est menée de façon conséquente, et non pas opportuniste. Pour citer une référence qui ne serait nécessairement du goût de nos alliés, mais qui s’impose en ce cinquantième anniversaire de Mai 68, à savoir Waldeck Rochet, dans Les enseignements de Mai-juin 68 : « Le but dernier du front unique, le but dernier de l’union des forces démocratiques, c’est d’entraîner des masses de plus en plus larges, y compris les couches qui paraissent temporairement les moins avancées, à la lutte contre les monopoles et leur régime ».

Initiative pour une caisse maladie et accident genevoise publique à but social

Notre travail politique ne saurait bien sûr se limiter aux élections et au parlementarisme. Nous ne sommes pas un Parti réformiste. Le plus grand succès de notre Parti durant la période qui nous sépare de notre précédent Congrès est sans conteste le dépôt, avec plus de 14’000 signatures, récoltées par le seul travail de nos militants, de l’initiative populaire pour une caisse maladie et accident genevoise publique à but social.

Dans la foulée du succès de notre initiative pour le remboursement des soins dentaires, déposées avec plus de 18’000 signatures, récoltées de nouveau avec nos seules forces, et afin de trouver une solution – peut-être pas La solution – au problème des primes d’assurance-maladie, devenues inacceptablement élevées, et qui touchent tout particulièrement les classes populaires, plus généralement au système de véritable escroquerie organisée qu’est la LAMal et sa kyrielle de caisses privées, dont plus personnes ne croit en l’honnêteté, notre Parti propose la création d’une caisse maladie publique cantonale ; qui serait, certes – il n’est légalement pas possible de faire autrement au niveau cantonal – en concurrence avec les caisses privées et soumise aux contraintes de la LAMal, mais aurait néanmoins l’avantage d’être entièrement transparente, non liée aux intérêts occultes d’un groupe privée, et à but social. De nos adversaires à nos alliés, beaucoup ont mis en cause la pertinence de notre proposition pour résoudre le problème que nous souhaitons résoudre. Personne n’a nié la réalité du problème. Même la droite genevoise n’ose plus guère défendre les assureurs privés, justement haïs du peuple. Nous n’avons certes jamais prétendu que notre initiative apporterait La solution miracle au problème de la LAMal. Elle a toutefois l’avantage de constituer une première brèche dans ce système, un premier pas vers un système de santé intégralement public et social pour lequel nous nous battons. Elle est également complémentaire avec les autres solutions proposées (primes plafonnées à 10% du revenu, initiative pour la liberté des cantons, initiative pour un parlement indépendant des caisses). Elle confirme enfin la capacité d’organisation et le rôle de proposition de notre Parti au service des classes populaires.

Pas d’avenir pour qui oublie le passé

Un troisième aspect du travail politique des instances sortantes du Parti sur lequel je voulais insister, c’est l’aspect théorique, culturel et historique : nos journées de formation, la partie politique de la fête des peuples, les commémorations du centenaire de la Grande Révolution Socialiste d’Octobre, des 30 ans depuis l’assassinat de Thomas Sankara, des 200 ans de la naissance de Karl Marx, les 50 ans de Mai 68 enfin, auxquels sera consacrée la prochaine Fête des peuples sans frontières.

J’insiste sur cet aspect – indispensable – de notre travail. Il s’agit de tout autre chose que de commémoration par pur nostalgie ou par folklore. L’étude du passé, de notre héritage théorique et révolutionnaire, est indispensable pour tracer la voie de l’avenir. Ainsi que l’a dit Hugo Chavez : « La conscience est le résultat de la connaissance. Pour cela il faut étudier, lire et beaucoup analyser ».

Perspectives politiques d’avenir

Notre Parti, le Parti Suisse du Travail, seul parti national à la gauche du PS dans ce pays, le seul qui ait une ligne de classe claire et le socialisme pour perspective, est aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Il est le seul qui porte la perspective de changement révolutionnaire qui représente l’avenir. Ni le PS ni les Verts, trop intégrés au système bourgeois pour être réellement en mesure de le remettre en cause, ne le peuvent. Et aucune autre organisation ne peut ni ne pourra nous remplacer dans le rôle qui est le nôtre.

Ceci dit, des tâches nombreuses et difficiles se présentent à nous. Mais, comme l’avait dit Jean Jaurès, « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir ». Nous discuterons de certaines parmi les plus importantes d’entre elles durant le présent Congrès. Il s’agit en tout premier lieu de renforcer notre organisation, d’accroître notre nombre de membres, de reconstituer notre organisation sur le terrain, de reconstruire des sections locales, qui ont fait la force et l’implantation de notre Parti par le passé. Il nous faut aussi préparer les élections fédérales de l’automne 2019, ainsi que les municipales de 2020 – afin de présenter des listes dans plus de communes, avec plus de candidates et candidats, dans le but que le résultat soit meilleur que celui de 2015.

Nous devons aussi non seulement étudier l’héritage théorique et politique du mouvement communiste international, mais aussi le développer de façon créative pour trouver des réponses aux défis nouveaux de notre époque. Certaines de ces importantes questions sont à l’ordre du jour de cet après-midi. Je ne vais pas m’étendre là-dessus présentement afin de ne pas anticiper sur le débat qui aura lieu tout à l’heure. Il s’agit tout d’abord des questions transfrontalières, ainsi que de la question des travailleurs frontaliers, auxquelles nous devons apporter une réponse de gauche, de classe, pour contrer celle – purement démagogique – du MCG. Il était pour nous important, eu égard à l’internationalisme qui fait partie des valeurs fondatrices de notre Parti, que nous en discutions aujourd’hui avec notre parti frère qu’est le PCF. Il s’agit en second lieu des évolutions les plus récentes du capitalisme, de ce que l’on nomme communément l’industrie 4.0, et de ses conséquences, ainsi que d’un sujet qui y est intimement lié : la revendication de la baisse du temps de travail. Les progrès techniques, développés sous le capitalisme, rendraient en effet possible un progrès social considérable, le dépassement d’un mode de production oppressif et aliénant, au profit d’une société nouvelle. Cette une perspective élaborée par Karl Marx dans un célèbre passage des Grundrisse :

« Le vol du temps de travail d’autrui, sur quoi repose la richesse actuelle, apparaît comme une base misérable, comparée à celle, nouvellement développée, qui a été créée par la grande industrie elle-même. Dès lors que le travail sous sa forme immédiate a cessé d’être la grande source de la richesse, le temps de travail cesse nécessairement d’être sa mesure, et, par suite, la valeur d’échange d’être la mesure de la valeur d’usage. Le surtravail de la masse a cessé d’être la condition du développement de la richesse générale, de même que le non-travail de quelques-uns a cessé d’être la condition du développement des pouvoirs universels du cerveau humain. Cela signifie l’écroulement de la production reposant sur la valeur d’échange, et le procès de production matériel immédiat perd lui-même la forme de pénurie et de contradiction. C’est le libre développement des individualités ». (Karl Marx, Grundrisse, VII, 3)

Mais il ne s’agit que d’une potentialité, qui ne peut être réalisée qu’au sein d’une société socialiste. Sous le capitalisme, l’informatisation, la robotisation, l’automatisation, ne servent qu’à accroître les profits du capital, au prix de la destruction, déjà en cours, de millions d’emplois, et du retour, sous une apparence faussement moderne, des conditions de servitude dignes du capitalisme du XIXème siècle à travers le phénomène qu’on appelle communément l’ubérisation.

Puisque nous célébrons cette année les 50 ans de Mai 68, je conclurai le présent rapport en reprenant la conclusion que Jean Vincent avait choisi pour le sien il y a cinquante ans, au IXème Congrès du Parti Suisse du Travail, les 2 et 3 novembre 1968 :

« Que grandisse, que prospère notre Parti du Travail qui porte le plus beau nom qui soit et le plus éloquent, justement parce qu’il est le nom d’un rassemblement du peuple travailleur, qu’il aille d’expérience en expérience, de progrès en progrès, de succès en succès ! Vive notre Parti du Travail ! Vive le socialisme que nous voulons édifier en Suisse ! Vive le communisme ! »

Alexander Eniline

Président

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