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DIscours prononcé par Alexander Eniline, secrétaire cantonal du Parti du Travail, lors de la manifestation contre les traités TiSA et APT, le 03.12.13

jeudi 5 décembre 2013

Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste « le pouvoir étatique moderne n’est qu’un comité chargé de gérer les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière » et Lénine disait « Le capital financier vise à l’hégémonie, et non à la liberté. La réaction politique sur toute la ligne est le propre de l’impérialisme. » Nous ne voyons que trop bien la vérité de ces propos aujourd’hui, alors que 27 pays membres de l’OMC négocient en ce moment même en grand secret un nouveau Accord sur le Commerce des Services, et que l’Union Européenne et les Etats-Unis sont en tractations pour un Partenariat transatlantique. Ces accords ont un but : la libéralisation intégrale du secteur des services dans le seul intérêt des multinationales et au détriment des intérêts les plus fondamentaux des peuples. Une attaque sans précédent contre les services publics ! En effet, les Etats seraient soumis à l’obligation de « neutralité concurrentielle ». En clair, entreprises privées et services publics devraient être traités de la même façon : fin des indispensables monopoles publics, et mêmes subventions aux écoles publiques et privées ! Démantèlement des services publics et subventionnement du privé ! Et les Etats n’auraient plus le droit de réguler les marchés financiers, au nom d’une relance de l’économie, ce alors même que l’on a vu tous les dommages que peuvent causer à l’économie mondiale une finance dérégulée !

Le Partenariat Transatlantique, auquel la Suisse serait soumise à travers les bilatérales, prévoit des dispositions plus graves encore. Ainsi, nous n’aurions plus le droit d’interdire ni même d’étiqueter les OGM ! Même les cantines scolaires n’auraient plus le droit de choisir de servir des OGM ou pas ! Et les multinationales pourraient poursuivre les Etats devant des tribunaux spéciaux créés pour l’occasion et sans aucune légitimité démocratique, qui pourraient les condamner à des amendes de plusieurs millions, comme cela se fait déjà dans le cadre de l’OMC, pour entrave au libre-échange, pour des salaires minimums trop généraux, pour une législation protégeant les droits des travailleurs trop importante, pour les moindres mesures en faveur de l’environnement…bref pour tout ce que ces multinationales estiment susceptibles de réduire leurs marges bénéficiaires.

On le voit, ces traités constituent une attaque grave, inqualifiable, contre les peuples et leurs droits les plus fondamentaux, dans le seul but de lever tout obstacle à l’enrichissement au-delà de toute limite d’une toute petite oligarchie. Négocier ces accords, comme on le fait, en secret, constitue un insupportable coup d’Etat contre la démocratie, et un utile rappel du fait que sous le capitalisme, derrière la façade de la démocratie formelle, le pouvoir véritable est concentré entre quelques mains, dans la réalité d’une dictature de classe. L’OMC elle-même, par ses objectifs néolibéraux, par son fonctionnement opaque, est en elle-même une offense à la démocratie. Car les peuples ne veulent pas du néolibéralisme, qu’ils comprennent très bien être diamétralement opposé à leurs intérêts. La seule façon de le leur imposer est de passer par la coup de force, par la violation de la démocratie, par des institutions foncièrement antidémocratiques comme l’OMC, par des accords secrets, dérobés à la connaissance du peuple, ou par la violence. Toutefois, il n’y a pas de fatalité. En 1997, l’oligarchie mondiale avait déjà voulu imposer aux peuples un traité secret extrêmement similaire au TiSA et à l’APT, appelé alors Accord multilatéral pour l’investissement. Face à la mobilisation populaire, elle a dû y renoncer. Et c’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui, pour mettre les gouvernants en échec, pour arrêter les traités secrets dirigés contre les peuples, parce qu’ils ne peuvent rien contre la force du peuple soulevé en masse, parce qu’ensemble nous pouvons faire échouer leurs plans.

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