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Déclaration de l’Action antifasciste grecque de Genève à l’occasion de la visite du Président du Parlement grec à Genève le 26 septembre

soutenue et diffusée sans réserve par le Parti du Travail

mercredi 25 septembre 2013

Une semaine à peine s’est écoulée depuis le meurtre de sang froid, le 17 septembre 2013, du militant antifasciste Pavlos Fyssas (qui est également un musicien de hip-hop) par un membre du parti néo-nazi Aube Dorée. Le militant antifasciste a reçu un coup de couteau directement au cœur sous les yeux de dizaines de personnes alors que des policiers qui observaient ont refusé d’intervenir. Cet assassinat survient seulement cinq jours après l’attaque meurtrière d’Aube Dorée contre des membres du Parti communiste grec (KKE), qui ne faisaient qu’accrocher des affiches dans le quartier populaire du Pirée. Ce n’était pas une attaque individuelle. Cela devient la règle. De nombreux meurtres racistes se sont déroulés au cours des dernières années, la plupart ciblant des immigré-e-s et des militants antifascistes.

Incité par la réunion prochaine du président du Parlement grec, Evángelos Meïmarákis (membre de la Nouvelle Démocratie et ancien ministre de la défense), avec le consulat de Grèce à Genève, jeudi 26 septembre, nous voulons exprimer notre colère contre tous ceux qui ont ciblé nos vies, la politique d’austérité du gouvernement, l’état de répression ainsi que contre les néo-nazis d’Aube Dorée.

Nous voulons rappeler que ce sont les politiques néolibérales, accompagnées de l’imposition des mémorandum, du gouvernement qui ont vendu la richesse du pays ainsi que son secteur public, fermé des hôpitaux, des écoles, des universités (l’Université nationale Kapodistrian d’Athènes, la première université de Grèce et des Balkans) et ont réduit au silence la liberté d’expression (la fermeture d’ERT, la chaine publique de télévision et de radio). La propagande gouvernementale est simple, dans la mesure où elle utilise les médias du grand capital, ceux-là mêmes qui ont apporté leur soutien au gouvernement au cours de nombreuses années. Les taux de chômage ont explosé, pour atteindre 28% de la population et 60% parmi les jeunes alors que le taux de pauvreté atteint 20,1% (ce qui signifie qu’une personne sur cinq vit en dessous du niveau de pauvreté), ce qui rend l’accès au système de santé public (3 millions de personnes ne peuvent se procurer des médicaments gratuits) et de logement (les banques ont déjà commencé à vendre aux enchères de nombreuses maisons) impossibles.

Ces mêmes politiques ont depuis de nombreuses années dégradé la force de travail en Grèce, bouleversant tous les droits du travail alors que les salaires ont dégringolé à des niveaux aussi bas que 500 euros par mois (comme salaire de base). Au même moment, nous assistons à la mise en œuvre de politiques utilisées par des régimes totalitaires, comme la mobilisation de travailleurs en grève (ce qui signifie l’interdiction du droit démocratique à faire grève), l’application de pratiques de « tolérance zéro » ainsi que la création de camps de concentration pour les immigré-e-s (des endroits qui réveillent la mémoire des camps nazis datant de la Seconde guerre mondiale). Toutes ces politiques ont favorisé l’expansion du fascisme dans la société et causé l’explosion des taux électoraux de l’organisation paramilitaire, dont les activités sont restées impunies tout au long de ces années sous le regard tolérant de chaque gouvernement, ainsi que permit à celle-ci de devenir l’amortisseur parfait de la colère et de la rage des citoyens provoquées par le désastre humanitaire infligé par le gouvernement et la troïka (soit la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI). L’Etat a trouvé là un allié parfait dans son œuvre d’imposition des politiques les plus cruelles de ces trente dernières années. Après l’assassinat de Fyssas, même des articles publié dans des journaux sous influence gouvernementale parlent des connivences entre Aube Dorée et les unités des forces spéciales de la police ainsi que de son financement par les personnes qui contrôlent les plus grands médias ainsi que les plus importantes entreprises (le grand capital) en Grèce.

La bande de meurtriers a choisi les dates de ses attaques à bon escient. Il est suspect qu’alors que les enseignant-e-s sont menacé de licenciement et que plus de 90% d’entre eux sont partis en grève, alors que les travailleurs d’autres secteurs ont rejoint le combat, le néonazisme a choisi de jouer le seul rôle pour lequel il est connu depuis 70 ans : il n’est rien d’autre que de faire taire toute voix qui s’exprime librement.

Nous condamnons les tentatives du gouvernement et des médias de mettre sur un pied d’égalité les attaques meurtrières des néo-nazis avec les manifestations combatives et les luttes du peuple contre les politiques d’austérité des mémorandums. Nous exigeons la punition et la mise en accusation des meurtriers néonazis ainsi que de ceux qui sont responsables de leur avoir donné les moyens de réaliser leurs crimes hideux. Nous condamnons également ceux qui dominent nos vies en nous soumettant à des dilemmes impossibles et à la peur, nous condamnons les politiciens du gouvernement et les médias corrompus, les banquiers et le grand capital. En lieu et place de l’exploitation et de la barbarie, nous choisissons la résistance et la solidarité.

La mort de Pavlos Fyssas ne doit pas être vaine. Elle doit renforcer notre résolution combattre le fascisme et à participer à la lutte des travailleurs contre le gouvernement, contre la troïka et contre l’Aube Dorée. Nous n’attendons pas à ce que le gouvernement, qui soutien sans vergogne et manipule l’Aube Dorée, renonce à son activité criminelle.

Les assassins de la démocratie doivent être renvoyés à l’histoire. Nous pourrons ainsi vivre sans peur, nous pourrons vivre ainsi librement et avec dignité.

Action antifasciste grecque de Genève (Greek Antifascist Action)

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