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Discours d’Alexander Eniline, président du Parti du Travail, à la soirée d’hommage à Hugo Chavez le 3 mars 2018

dimanche 4 mars 2018

Votre excellence l’ambassadeur, chères et chers camarades, chères et chers amis,

J’ai l’honneur d’ouvrir, au nom du Parti du Travail, cette soirée d’hommage au commandante Hugo Chavez, qui a quitté ce monde voici 5 ans déjà. C’est un honneur tout particulier pour nous que d’accueillir cet événement en nos locaux, car, si l’homme qu’il était n’est plus, le symbole que représente le commandante Chavez est plus vivant que jamais, et la révolution qu’il a incarné a aujourd’hui une importance toute particulière pour nous, tant par ce qu’elle signifie que par la solidarité internationaliste que notre devoir exige de nous.

La Révolution bolivarienne est la première grande révolution de l’ère néolibérale. Car elle vit le jour en une sombre époque. C’était les années 90. Presque tout le camp socialiste avait été balayé par la contre-révolution, et l’oligarchie au pouvoir dans les pays impérialistes pensait pouvoir désormais régner sans partage et pour toujours. Tous les compromis, toutes les précautions rhétoriques du temps de la Guerre froide étaient désormais caduques. Plus arrogante que jamais, elle imposait au monde la chape de plomb d’une idéologie mortifère, le néolibéralisme, qui détruit toutes les solidarités, tous les droits sociaux, et jusqu’au lien social lui-même, tout ça pour que les 1% puissent s’enrichir au-delà de toute mesure, qu’importe le coût humain de cette domination. Ses théoriciens à la mode proclamaient la « fin de l’histoire ».

C’est à ce moment que le Venezuela, sous la présidence d’Hugo Chavez, prit ouvertement la voie de la révolution et du socialisme, démentant par là tous les mensonges des maîtres du monde. Non, il n’y a pas de fatalité, non, il n’est pas nécessaire de plier le genou devant le néolibéralisme et le libre marché, non, l’histoire n’est pas finie. Au Venezuela, le peuple leva à nouveau le drapeau rouge, celui du socialisme. La Révolution bolivarienne tint bon contre vents et marées, contre toutes les tentatives conjuguées de l’impérialisme et de la réaction interne de l’abattre, accomplit des pas décisifs en direction du socialisme, et ouvrit la voie à une vague progressiste en Amérique latine qui remit sérieusement en cause la domination impérialiste sur le continent.

Comme l’avait dit Hugo Chavez : « Les impérialistes voient des extrémistes partout. Ce n’est pas que nous soyons des extrémistes. C’est que le monde se réveille. Il se réveille partout. Et les gens se lèvent. »

C’est pour cela que tous les réactionnaires de ce monde vouent une haine féroce à Hugo Chavez et à la Révolution bolivarienne, tandis que son nom restera jamais un symbole d’espoir immortel aux yeux de toutes celles et ceux qui luttent pour un autre monde. Comme l’avait dit un autre géant de la Révolution, Fidel Castro :

« Si vous voulez savoir qui était Chavez, regardez qui pleure sa disparition, et regardez ceux qui s’en réjouissent, là vous aurez votre réponse »

Lorsque le commandante nous quitta, l’Impérialisme étatsunien comme l’oligarchie vénézuélienne utilisèrent tous les moyens possibles et imaginables pour tenter d’abattre la Révolution bolivarienne : guerre économique, sanctions dans le but avoué de détruire l’économie du Venezuela, sabotage à grande échelle, campagne de terreur de la droite vénézuélienne que les médias des pays impérialistes présentent hypocritement comme des « manifestations pacifiques », guerre médiatique à large échelle, et jusqu’aux menaces permanentes d’agression militaire. Et malgré cela, la Révolution bolivarienne, sous la présidence désormais de Nicolas Maduro, put tenir bon pendant voici cinq ans déjà, déjouer toutes les manœuvres hostiles – ce qui est en soi un exploit remarquable, peu en auraient fait autant – trouver des solutions aux graves problèmes du moment, et maintenir le cap du socialisme.

Face à son incapacité à briser une révolution qui lui résiste, l’impérialisme a répandu par une grande campagne de calomnie médiatique, digne véritablement de 1984 de Georges Orwell. Et ce sont ces gens, qui n’ont pas le moindre scrupule à entretenir les meilleures relations du monde avec le roi d’Arabie saoudite et nombre de dictateurs avérés, se permettent une campagne monomaniaque contre un pays souverain qui organise régulièrement des élections libres et régulières, où l’opposition se permet des choses qu’on n’imaginerait même pas en rêve voir le Conseil fédéral tolérer dans notre pays, et où la majorité des médias sont en mains privées !

Malheureusement, ce qui lui manque totalement comme arguments ou simple véracité, cette campagne médiatique le compense par son omniprésence et son caractère agressif, et parvient, hélas, de ce fait à être particulièrement efficace. C’est d’autant plus de ce fait un devoir pour nous que de dénoncer ces mensonges et de rétablir la vérité. Comme l’avait dit Jean Jaurès :

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Des révolutionnaires de salon se permettent également de se distancer de la Révolution bolivarienne, alors qu’elle a plus que jamais besoin de notre solidarité, sous le prétexte qu’elle ne va pas assez vite, qu’elle ne correspond pas à leur modèle préconçu où que tout n’y est pas comme il le faudrait. A l’évidence, il ne savent rien de ce qu’est une révolution, qui n’est précisément pas un dîner de gala, qui est toujours confronté aux pires difficultés, et qui doit toujours avancer par une route étroite et sinueuse. Jaurès, lui, comprenait bien que la route serait difficile, mais que ce n’est pas pour autant qu’elle n’en vaut pas la peine :

« Même si les socialistes éteignent un moment toutes les étoiles du ciel, je veux marcher avec eux dans le chemin sombre qui mène à la justice, étincelle divine qui suffira à rallumer tous les soleils dans toutes les hauteurs de l’espace »

Certes, la révolution est loin d’être terminée au Venezuela, l’avenir n’est jamais tracé d’avance, et rien n’est jamais acquis. Et c’est précisément pour cela qu’une position internationaliste conséquente, que la mémoire d’Hugo Chavez exige une solidarité sans faille avec la Révolution Bolivarienne, qui représente l’espoir vivant d’un avenir pour lequel nous luttons. Comme l’avait dit Salvador Allende :

« L’histoire est à nous, ce sont les peuples qui la font »

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