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Discours du Parti du Travail pour le 1er mai 2017

vendredi 5 mai 2017

La bataille pour le droit aux travailleuses et travailleurs à une retraite digne d’être vécue est le résultant de longues années de luttes, qui remonte aux revendications de la glorieuse Grève générale du peuple suisse de 1918. Il aura fallu attendre encore 30 années pour que les chambres fédérales accouchent enfin de quelque chose de concret, le 1er janvier 1948. La première rente versée était de .... F 40.- pour une personne seule et F 70.- pour un couple. L’âge de retraite était fixé à 65 ans pour les hommes et à 62 ans pour les femmes, prenant en compte sa situation particulière.

L’AVS a subi jusqu’en 1972 huit révisions, qui chacune a constitué une amélioration de cet édifice social.

Mais, depuis 1972, ce doit à une retraite digne est constamment remis en question. Toutes les modifications votées par la suite ont été des modifications à la baisse de la loi AVS.

Aujourd’hui, le Conseil fédéral, fort de l’appui des chambres fédérales, revient aujourd’hui à la charge avec un projet de diminution des rentes du deuxième pilier, par le biais d’une modification à la baisse du taux de conversion, diminution refusée par le peuple il n’y a pas si longtemps et surtout pour une volonté tenace de modifier la loi sur l’AVS en prolongeant la durée de travail des femmes, de 64 à 65 ans.

Cet acharnement coupable à vouloir réduire les prestations dues aux vieux travailleurs témoigne de la faillite d’une conception de la prévoyance sociale. Une faillite annoncée, en 1972, par le Parti du Travail et toutes celles et ceux qui se sont battus à l’époque pour une véritable retraite populaire. Une retraite calculée selon le principe actuel de l’AVS de la répartition, et qui aurait intégré les rentes versées à cette époque au titre de rente professionnelle, sans préjudice pour les ayant-droit. Le peuple, en 1972, s’est laissé embobiner par non seulement les partis de droite, mais par les syndicats et le parti socialiste, qui ont opposé à l’initiative une prévoyance sociale à trois niveaux :

1. Rente de base garantie par la loi AVS 2. Prévoyance 2e pilier 3. Épargne individuelle

Aujourd’hui, la rente de base AVS plafonne, on rogne sur les montants versés, on modifie le nombre d’années de cotisation, on péjore la condition de la femme, alors que dans la majorité des cas, elle ne connaît pas le principe de travail égal, salaire égal, elle additionne à son temps de travail, les tâches ménagères et l’éducation des enfants.

La rente du 2e pilier, qui a fait la part belle aux assureurs, aux banquiers et autres spéculateurs, en accumulant des centaines de milliards de francs, reste inaccessible aux petits salariés, lesquels, au moment de l’âge de la retraite, devront faire appel aux prestations complémentaires, sinon à l’assistance publique, pour vivre à l’abri de la misère leurs dernières années d’existence. Quant à l’épargne individuelle ... seule un infime minorité de travailleuses et de travailleurs pourra compter dessus à l’âge de la retraite. D’autant que les banquiers aujourd’hui servent des intérêts négatifs. Plus tu leur prêtes de l’argent, plus tu t’appauvris !

Ce système des trois piliers est en faillite. Mais "diabolico perseverum", le Conseil fédéral et les chambres fédérales persévèrent !

Et on croirait vivre la situation politique française. Les socialistes ont détruit le parti socialiste en persévérant dans la politique ultra-libéralisme. En Suisse, c’est le parti socialiste, par la voix de son Conseiller fédéral et fort de l’appui d’une assemblée nationale de délégués, qui est porteur des propositions antisociales, anti-retraités, voulues par la majorité de la droite réactionnaire qui dirige ce pays. Le Parti socialiste se fait le porte-parole de ceux qui, année après année, se sont accaparés à leur seul profit, l’augmentation de la productivité et qui ont accumulé des richesses indécentes.

Travailler plus et plus longtemps, pour gagner moins. Tel est leur slogan.

Ils foncent tout droit dans le mur !

OUI, le référendum lancé contre la loi fédérale votée le 17 mars de cette année est justifié, nécessaire, indispensable, et nous vous invitons à le signer massivement.

Comme il faudra soutenir et appuyer les propositions du Parti du Travail, pour faire de l’AVS actuelle une véritable retraite de vieillesse, basée sur le principe de la répartition, seul système le plus équitable, le plus vivable, le même principe de l’AVS actuelle, dans lequel devront s’intégrer sans dommage les rentes actuelles versées au titre de deuxième pilier.

Nous pourrons alors parler d’une retraite digne d’être vécue.

René Ecuyer

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