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Pour une articulation révolutionnaire : des luttes immédiates à la construction du socialisme

samedi 26 mai 2012

Contribution du Parti Suisse du Travail au 21ème Séminaire communiste international de Bruxelles, la plus importante rencontre au sommet entre partis communistes à ce jour et qui a réuni cette année 59 partis communistes, rédigée par Alexander Eniline, secrétaire cantonal du Parti du Travail genevois et membre du Comité directeur du Parti Suisse du Travail

La question de la relation des tâches immédiates et de la lutte pour le socialisme qui se pose à tous les communistes est une question complexe et hautement fondamentale. Car une réponse juste à celle-ci est une condition sine qua non, un critère essentiel, si ce n’est le seul, pour qu’un parti puisse être considéré comme un véritable parti communiste. En effet, toute mauvaise réponse à cette question, toute articulation erronée entre ces deux aspects, ou toute absence de vraie articulation entre eux mène nécessairement à des erreurs politiques majeures et à une perte de consistance stratégique de la ligne générale, rendant tout objectif révolutionnaire illusoire. Pourtant, la réponse à cette question n’a rien de simple. Elle dépend de la nature des tâches immédiates qui se posent à un parti communiste et la façon dont il conçoit sa lutte pour le socialisme. La façon de lier ces tâches immédiates à la lutte pour le socialisme dépend de la façon dont un parti communiste envisage la lutte pour le socialisme, dépend de comment il conçoit la rupture révolutionnaire avec la société capitaliste, de la forme que la révolution socialiste doit prendre. Il ne serait y avoir de réponses simples ni uniques à ces questions. Elles dépendent étroitement pour chaque parti communiste des conditions concrètes et des particularités nationales du pays dans lequel il lutte. Le Parti Suisse du Travail a consacré une réflexion théorique et stratégique approfondie à cette question, y apportant une réponse correspondant aux conditions qui sont celles de la Suisse. Pour détailler cette réponse, il convient d’abord d’esquisser à grands traits la situation suisse et l’histoire du Parti Suisse du Travail, qui déterminent et expliquent sa pratique et sa pensée.

Les conditions concrètes de la Suisse

Fondé en 1944, dans des conditions d’interdiction du Parti communiste par un Etat en pleine dérive policière et allié de facto à l’Allemagne nazie pendant la Guerre, par les membres de l’ancien Parti communiste suisse d’Avant-guerre, un scission de gauche du Parti socialiste suisse, et de nombreux militants non affiliés à un parti jusque là, le Parti Suisse du Travail n’a jamais réussi à devenir une force politique importante à l’échelle de la Suisse, bien qu’il l’ait été, et parfois l’est encore, à l’échelle locale à certains endroits du pays, en Suisse francophone principalement. Depuis la fin des années 80, le Parti Suisse du Travail a durement souffert de la crise du mouvement communiste international consécutive à la chute du camp socialiste, et s’est nettement affaibli encore du fait, jusqu’à mettre son existence même en danger, d’une baisse importante du nombre ses membres, des évolutions politiques différentes de ses sections cantonales et de flottements majeurs au niveau de sa ligne politique. Aujourd’hui, le Parti Suisse du Travail est déchiré par une lutte de tendances, allant de la social-démocratie de gauche au marxisme-léninisme orthodoxe, et peine à se reconstruire en l’absence d’une majorité claire au Comité central. Si le Parti Suisse du Travail n’a jamais vraiment réussi à émerger au niveau national, et qu’il est devenu si faible aujourd’hui, c’est à cause d’erreurs de sa part sans doute, mais aussi du fait des conditions suisses, qui sont particulièrement défavorables pour un mouvement révolutionnaire.

La Suisse est l’un des pays les plus riches et les plus stables du monde. Un des seuls pays où la révolution libérale de 1848 ait triomphé, la Suisse a connu dès lors un régime bourgeois démocratique sans interruption (si l’on excepte la période de la deuxième Guerre mondiale, durant laquelle les libertés démocratiques bourgeoises ont été restreintes, mais non abolies, et où le parlement élu est resté en place, bien que le gouvernement ait reçu les pleins pouvoirs), n’a jamais été en guerre depuis cette date. La stabilité du système politique suisse, l’élection au système proportionnel depuis le début du XXème siècle, l’existence de droits démocratiques sans équivalents dans la plupart des pays du monde que sont le droit de référendum (la possibilité de mettre en votation populaire une loi contre la récolte de 50’000 signatures au niveau national, de même avec proportionnellement moins de signatures aux niveaux cantonal et communal), le droit d’initiative (modifier la constitution en mettant en votation populaire un nouvel article constitutionnel contre la récolte de 100’000 signatures au niveau national, de même au niveau cantonal avec proportionnellement moins de signatures, avec même la possibilité de modifier une loi par voie d’initiative dans certains cantons) qui constituent des réels bien qu’insuffisants contrepoids populaires au pouvoir de la bourgeoisie, la collaboration de la gauche sociale-démocrate et verte avec les partis bourgeois, ont permis d’entretenir l’illusion de la démocratie réelle. Grâce à la haute conjoncture dans l’Après-guerre, l’avantage que possédait la Suisse de posséder un appareil productif intact, l’exploitation massive de la main-d’œuvre étrangère privée de droits politiques et licenciable à merci, la bourgeoisie suisse a pu pendant longtemps maintenir pour les citoyens suisses un chômage bas et des salaires relativement élevés ; ce qui est nettement moins le cas aujourd’hui, même si globalement le chômage reste plus bas et les salaires plus élevés qu’en Union européenne. La combinaison de ces facteurs a permis à la bourgeoisie suisse de maintenir l’illusion d’une démocratie suisse parfaite et d’une communauté d’intérêts entre les classes au sein d’un système globalement harmonieux. L’hégémonie idéologique de la bourgeoisie est tellement forte que le peuple suisse vote très souvent contre ses intérêts les plus évidents en votations populaires.

Grâce à la complicité active du Parti socialiste suisse, et des syndicats contrôlés par celui-ci, la bourgeoisie suisse a réussi à faire rentrer dans la tête des gens une idéologie conservatrice taillée sur mesure pour assurer sa domination dans la stabilité : l’idéologie du consensus, à savoir une idéologie de la négation des conflits et de la lutte des classes, au profit d’une entente illusoire entre les classes et d’une entente mutuelle qui exclut toute remise en cause du système, sensé être le garant de cet ordre parfait, même dans ses aspects les plus secondaires. Le Parti socialiste suisse a renoncé dès la fin des années trente au marxisme et à toute velléité transformatrice de la société, et participe sans interruption depuis les années cinquante au gouvernement, qui comprend des représentants de tous les groupes parlementaires proportionnellement à leur nombre. Grâce à cette stabilité unique en Europe, la bourgeoisie suisse a pu éviter les tares du présidentialisme et du bipartisme, et conserver un système parlementaire « sain » avec plusieurs partis importants qui conservent des différences idéologiques assez notables entre eux. Les syndicats, dans leur majorité liés au Parti socialiste, ont accepté en 1939 la dite « paix du travail », c’est-à-dire un abandon de la lutte des classes et de l’usage de la grève, sauf en cas de rupture de négociations, au profit d’une pratique de collaboration de classe avec le patronat, et l’abandon d’un syndicalisme de lutte par une bureaucratie syndicale qui a préféré s’installer confortablement au sein de la société capitaliste. Cette pratique de collaboration de classe a beaucoup affaibli le syndicalisme suisse, qui peine à s’en remettre, et a fait perdre à la classe ouvrière toute son indispensable culture de lutte.

Ce système suisse, si stable et conservateur, est particulièrement hostile aux idées communistes. Ceci dit, ce système commence à se fissurer, ouvrant des nouvelles perspectives pour l’action du Parti Suisse du Travail. Les conditions favorables de l’Après-guerre n’étant plus, et la crise systémique du capitalisme étant là, le patronat suisse ne peut plus et ne veut plus offrir les salaires relativement hauts d’autrefois. Le chômage augmente et les bas salaires se généralisent. Avec cet accroissement de l’exploitation capitaliste, les contradictions entre classes augmentent également. Les licenciements collectifs et les baisses de salaire brutales forcent les travailleurs à lutter pour leurs droits et à retrouver une conscience de classe. Une politique de « paix du travail » est devenue impossible, et les syndicats sont forcés de retourner à un syndicalisme plus combatif, même si l’influence du PS se fait toujours lourdement et négativement sentir. La généralisation des bas salaires rend plus insupportable l’inexistence d’une véritable protection sociale. Le système politique et l’idéologie bourgeoise paraissent relativement stables, mais ils commencent à se fissurer aussi. La crise actuelle, la dégradation de la situation économique en Suisse, le sauvetage des banques à coups de milliards, ont mené à une remise en cause critique du système capitaliste de la part de larges couches de la population, qui deviennent de ce fait plus réceptives aux idées communistes. Le système politique suisse se ressent de ces changements, et a perdu sa stabilité d’antan il y a une dizaine d’années déjà, du fait de la montée d’un parti d’extrême-droite, l’UDC, qui n’était auparavant et sous un autre nom qu’un parti conservateur et minoritaire, mais qui est devenue aujourd’hui le premier parti du pays en réussissant à dévoyer un vote réel de protestation vers un programme démagogique et réactionnaire, et qui bien qu’à mi-chemin entre la droite conservatrice et l’extrême-droite à proprement parler, est devenue un modèle explicite pour nombre de partis d’extrême-droite du continent.

Les réponses stratégiques du Parti Suisse du Travail

Etant données les conditions de la Suisse, décrites ci-dessus, le Parti Suisse du Travail a envisagé une voie vers le socialisme correspondant aux conditions concrètes de la Suisse et dans le cadre de laquelle la question de la relation entre les tâches immédiates et la lutte pour le socialisme trouve sa réponse. La réflexion du Parti Suisse du Travail part de la diversité des situations nationales et de la différence des solutions révolutionnaires qui en résultent. En effet, la voie vers le socialisme ne peut être la même dans des pays aux histoires, situations économiques, systèmes politiques et cultures radicalement différentes. La voie vers le socialisme ne peut être définie a priori, selon des schémas préconçus, ou copiés mécaniquement d’un précédant historique. Elle doit être, pour chaque pays donné, conçue selon les conditions de ce pays. En particulier, la Révolution d’octobre a pu prendre la forme qu’elle a prise dans un contexte d’effondrement de l’Etat tsariste accélérée par la première Guerre mondiale, de la décomposition totale de l’ancienne classe dirigeante féodale sans que la bourgeoisie soit mûre pour créer son propre Etat. Toutes les autres révolutions socialistes du XXème siècle ont eu lieu dans le cadre d’une guerre de libération nationale contre une occupation étrangère coloniale, fasciste ou néocoloniale. Or en Suisse nous n’attendons pas un effondrement de l’Etat ni bien sûr une guerre de libération nationale. Les institutions démocratiques bourgeoises sont stables et devraient le rester. Elles ne devraient pas non plus connaître un discrédit brutal.

Dans ces conditions, le Parti Suisse du Travail ne peut concevoir sa lutte que comme une lutte à long terme, qui devra avoir lieu pendant un temps assez long encore sous le régime capitaliste et dans le cadre des institutions démocratiques bourgeoises. Les tâches immédiates qui se présentent à nous ont donc un lien direct avec notre lutte pour le socialisme : elles représentent la seule voie pour unir progressivement toutes les classes antimonopolistes en une majorité populaire unie sous la direction politique du Parti Suisse du Travail afin de pouvoir réellement remplacer la domination bourgeoise par une authentique démocratie populaire et construire une société socialiste. En effet, le Parti Suisse du Travail n’a jamais réussi à être fort que là et lorsqu’il a réussi à mener avec succès des luttes concrètes répondant aux intérêts et aux aspirations des classes populaires et qui ont constituées des avancées significatives pour celles-ci. Au nombre de ces combats, citons, parmi les plus emblématiques, les vacances payées, que le Parti Suisse du Travail a pu imposer contre les partis bourgeois dans plusieurs cantons par voie d’initiative populaire, ce jusqu’à ce que le parlement fédéral enlève aux cantons la possibilité de légiférer sur les vacances payées ; ainsi que la lutte pour des retraites populaires : le Partis Suisse du Travail a réussi par sa lutte à obtenir enfin en 1948 l’AVS, un système de retraites par répartition, qui bien qu’insuffisant pour vivre constituait déjà une avancée énorme. En 1971, le Parti Suisse du Travail lançait une initiative populaire pour des véritables retraites ouvrières, un système de retraites par répartition qui permettent de vivre dignement. Il perdit en votation populaire à cause de la trahison du PS et des syndicats qui ont appelé à voter contre pour par la suite négocier avec les partis bourgeois un système hybride, joignant à l’AVS un système de prévoyance professionnelle par capitalisation, bien plus cher que le système que le Parti Suisse du Travail proposait, inégalitaire et actuellement menacé par la crise financière mondiale. Aujourd’hui, notre Parti envisage de relancer peut-être une initiative populaire pour fusionner la prévoyance professionnelle avec l’AVS dans un système par répartition intégrale.

De tels combats concrets dans le cadre même de la société capitaliste constituent le seul moyen d’unir réellement toutes les classes antimonopolistes dans la lutte, de forger peu à peu leur unité et leur conscience de classe, de permettre aux classes populaires d’acquérir une expérience de lutte nécessaire pour un jour prendre et exercer le pouvoir, de donner au Parti Suisse du Travail l’audience et l’influence nécessaire pour devenir un parti national puissant et présent dans le pays tout entier, qui seul peut un jour jouer le rôle révolutionnaire qui est le sien. Ainsi, le combat pour des retraites populaires a permis au Parti Suisse du Travail de créer l’AVIVO, l’association de défense des retraités, qui est aujourd’hui devenue une organisation de masse, où le Parti Suisse du Travail continue d’exercer, malgré sa faiblesse, une présence forte et une influence déterminante, et qui a conservé, du moins en grande partie, la ligne combative de classe qu’il a pu y imprimer. Des luttes concrètes de ce type sont aussi le seul moyen de briser l’hégémonie bourgeoise et construire une hégémonie pour les idées communistes autour du Parti Suisse du Travail. La seule propagande pour le socialisme ne suffit pas, ou plutôt elle n’est pas efficace si elle n’accompagne pas des luttes réelles, correspondantes aux aspirations immédiates des travailleurs, si elle ne s’inscrit pas dans leur cadre et ne constitue pas leur prolongement. Les luttes concrètes donnent au parti communiste qui les mène l’occasion d’expliquer les enjeux réels et la nécessité du socialisme pour résoudre vraiment les problèmes que ces luttes posent ; elles lui offrent une audience pour diffuser ses journaux, ses publications, pour assister à ses assemblées publiques et entendre son discours. Parmi les tâches immédiates des communistes figurent bien sûr aussi le travail parlementaire et dans les exécutifs locaux. Dans un pays comme la Suisse où les parlements ont de vraies prérogatives et sont reconnus comme l’émanation légitime de la démocratie par une large majorité de la population, il est nécessaire de prendre le travail parlementaire au sérieux, et d’utiliser toutes les possibilités qu’offrent la participation parlementaire et aux exécutifs locaux pour obtenir des progrès réels pour les classes populaires, tout en veillant à ne jamais se laisser engluer dans la routine parlementaire, et de toujours mener une politique d’opposition résolue et conséquente face à toutes les décisions contraires aux intérêts des travailleurs votées par les parlements, sans jamais oublier dans ces circonstances de dénoncer le caractère limité de la démocratie bourgeoise et le caractère de classe de ses institutions.

Bien entendu, les luttes concrètes n’ont un caractère révolutionnaire et ne servent la cause du socialisme que si elles sont menées par un parti communiste conséquent, qui fonde son action sur la pensée de Marx, Engels et Lénine, et sur une analyse marxiste approfondie des conditions nationales dans lesquelles il lutte, et qui place ses luttes dans la perspective du socialisme et les accompagne d’une propagande conséquente et efficace. Sans cela, les luttes les plus justes sont menées avec des arguments erronés et sont dévoyées vers l’économisme et le réformisme sans perspective et sans consistance, la participation parlementaire dérive vers la social-démocratie et la défense des institutions bourgeoises. « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. » disait Lénine. Seul un parti communiste qui fonde sa lutte politique sur une théorie révolutionnaire conséquente peut espérer réunir autour de lui une majorité populaire nécessaire pour construire une société socialiste.

Perspectives révolutionnaires en Europe et mondiales

La crise systémique que traverse actuellement le système capitaliste mondial est à la fois terrifiante et pleine de promesses. Elle est terrifiante dans la mesure où elle représente une dégradation brutale des conditions de vie de millions de travailleurs de par le monde, dans la mesure où elle débouche sur des politiques de réaction sur toute la ligne et dans la mesure où elle mène à une aggravation brutale des contradictions inter-impérialistes, à des nouvelles et plus nombreuses guerres d’agressions pour le contrôle des ressources, à une menace de guerre globale. La première tâche immédiate du mouvement communiste international est en ce sens la lutte contre l’impérialisme, contre les guerres impérialistes et pour la défense de la paix. Cette lutte, qui est une lutte contre l’impérialisme qui est le garant d’un ordre mondial réactionnaire et le pire ennemi des peuples qui cherchent un autre avenir, est aussi, et immédiatement, une lutte pour le socialisme .

Mais la crise mondiale du capitalisme est aussi une opportunité pour les communistes pour donner la seule réponse politique aux peuples qui ne veulent plus supporter l’austérité perpétuelle et l’escalade militaire. Le mouvement communiste international a la responsabilité et le devoir envers les classes populaires d’imposer une sortie progressiste de la crise. Actuellement, en Europe, le principal obstacle aux solutions progressistes, mais aussi le maillon faible de l’ordre capitaliste, est l’Union Européenne et sa monnaie unique. L’Union Européenne, édifiée comme construction technocratique et anti-démocratique, est une véritable chape de plomb néolibérale et une machine de guerre contre les peuples. Ses structures, avec ses fonctionnaires nommés et hors de tout contrôle démocratique, ses chefs d’Etat nommés et l’hégémonie allemande la rendent irréformable. L’Euro, monnaie unique sous contrôle d’une banque centrale liée aux marchés financiers et au-dessus de tout contrôle démocratique, rend impossible tout changement de cap dans les pays membres de la zone Euro. C’est pourquoi, la tâche majeure des communistes dans les pays européens est la lutte contre l’Union Européenne, la lutte pour la sortie de leurs pays respectifs de l’Union Européenne, pour le démantèlement de celle-ci. C’est d’ailleurs aussi une lutte du Parti Suisse du Travail, une lutte contre la reprise systématique du droit européen et les accords avec l’Union européenne qui instaurent les normes néolibérales et anti-démocratiques de la Commission européenne en Suisse, la lutte aussi contre l’européisme béat du Parti socialiste suisse, qui désire toujours voire adhérer la Suisse à l’Union européenne. Il faut combattre résolument l’idée absurde de certains partis communistes de refonder l’Union européenne et l’Euro sur une base progressiste. De par la loi du développement inégal sous le capitalisme, il ne peut y avoir de révolution mondiale, ni même européenne. Les situations économiques des différents Etats membres de l’Union européenne sont trop différentes, les situations politiques encore plus. Or toute réforme de l’Union européenne exige l’unanimité des 27 pays membres. Dans ces conditions, défendre l’Union européenne et l’Euro revient à refuser de facto tout changement de l’ordre établi. Il ne peut y avoir de lutte réelle pour le socialisme sans lutte contre l’Union Européenne et l’Euro. Mais la lutte contre l’Union européenne et l’Euro est aussi une lutte pour le socialisme. Dans plusieurs pays d’Europe soumis à l’euro-austérité, existe une situation de discrédit total des partis bourgeois et sociaux-démocrates, de contestation populaire et d’instabilité politique qui peut déboucher sur une situation révolutionnaire. Dans les circonstances actuelles il est du devoir de tous les communistes d’être à la hauteur des défis que présente la crise du capitalisme, pour déjouer la menace du fascisme qui plane avec la montée de l’extrême-droite en Europe et d’imposer une sortie socialiste de la crise.

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