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Solidarité avec nos camarades du KPU, persécutés par un régime fasciste, et avec la lutte du peuple ukrainien contre la dictature des oligarques

Communiqué du Parti Suisse du Travail

mercredi 15 avril 2015

Le jeudi 9 avril 2015 restera à jamais dans les mémoires comme un jour sombre pour la démocratie. Ce jour en effet la Verkhovna Rada, le parlement ukrainien, a voté une loi, qui doit encore être promulguée par le président Petro Porochenko, et qui condamne "les régimes totalitaires communiste et nazi en Ukraine" et interdit "toute négation publique" de leur "caractère criminel" ainsi que toute "production", "diffusion" et "utilisation publique" de leur symboles sauf à des fins éducatives, scientifiques ou dans les cimetières. La liste des éléments désormais prohibés contient le drapeau et l’hymne soviétique et nazi ainsi que les monuments et plaques commémoratives en l’honneur de responsables communistes, et même les noms de localités, rues ou entreprises faisant référence aux dirigeants communistes, activités du PC ou encore à la révolution bolchévique de 1917. Les personnes coupables de violations de cette loi scélérate sont passibles de dix ans d’emprisonnement, et les organisations qui y contreviendraient seraient interdites. C’est là un premier pas évident vers l’interdiction du Parti communiste d’Ukraine (KPU), la seule véritable opposition au régime Porochenko, ce qui est d’ailleurs un but ouvertement proclamé par le pouvoir en place.

Le PST-POP condamne fermement cette loi illégitime, inacceptable et qui acte une fois de plus la dérive fasciste de l’Ukraine post-Maidan. L’Ukraine, qui mène une guerre civile meurtrière contre son propre peuple, qui interdit l’idée d’émancipation humaine, qui persécute ses opposants, leur instruit des procès inéquitables ou les fait torturer par les services secrets – et tout cela au nom des privilèges indécents d’une poignée d’oligarques qui se battent pour le pillage des richesses du pays pendant que leur règne précipite le peuple dans la misère et le pays dans la ruine – ne peut en aucun être encore considérée comme un pays démocratique. Rappelons tout de même le célèbre poème de Martin Niemöller : « Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » Mais c’est du reste très logique. La bourgeoisie aux abois se tourne toujours vers le fascisme lorsqu’elle n’arrive plus à se maintenir au pouvoir par des moyens « normaux », lorsque sa domination devient par trop illégitime et insoutenable pour le peuple, et dirige ses coups avant tout contre les communistes puisqu’ils représentent toujours et nécessairement l’opposition la plus conséquente et la plus résolue à son régime oppressif.

C’est une honte toute particulière de promulguer une telle loi cette année, l’année des 70 ans de la grande victoire de 1945, de renvoyer dos à dos cette année-ci communisme et nazisme, ce alors que l’URSS a joué le plus grand rôle dans la lutte contre le IIIème Reich, que plus de 20 millions de soviétiques ont donné leur vie pour libérer le monde de la barbarie hitlérienne. La condamnation en parallèle du nazisme ne doit pas faire illusion. Elle est parfaitement hypocrite et à l’évidence dénuée de sincérité. Les hommes au pouvoir aujourd’hui à Kiev ont collaboré sans le moindre état d’âme dès les premiers jours du soulèvement de Maidan avec des néo-nazis déclarés. Ces néo-nazis occupent désormais pour certains des postes de hauts rangs au sein de l’Etat. Des bataillons entiers de la Garde nationale utilisent des symboles de la SS à peine stylisés, quand ils ne se prennent pas en photo avec l’étendard du Reich ou le portrait d’Hitler. Des bandes armées néo-nazies, telles les chemises noires de Mussolini, sèment la terreur à travers le pays, ce avec la complaisance, quand ce n’est pas le soutien actif des autorités. Tous ces gens-là, contrairement aux militants communistes, n’ont jamais été inquiétés, bien au contraire même. Et surtout, les collabos avérés avec l’occupant nazi, qui ont apporté avec un zèle tout particulier leur sinistre contribution aux crimes contre l’humanité du IIIème Reich, ne sont en rien concernés par ces mesures, puisque, par un singulier révisionnisme historique, ils sont absous de toutes ces fautes et officiellement érigés en « héros de la nation ».

Par ailleurs, le PST-POP dénonce la politique des deux poids deux mesures de la Confédération, qui n’hésite pas à adopter des sanctions contre la Fédération de Russie pour son soutien, certes mu par des motifs parfaitement intéressés et guère nobles, à la rébellion antifasciste du Donbass, et ne trouve rien à redire face aux crimes de guerres et aux multiples et répétées violations des principes les plus fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit du gouvernement de Kiev. La neutralité officielle aura rarement été à ce point une coquille vide. C’est pourquoi, nous exigeons que la Suisse rappelle immédiatement son ambassadeur en poste à Kiev, puisque nous n’estimons pas possible de conserver des relations normales avec un Etat qui réhabilite le nazisme et foule aux pieds les principes dont notre pays se réclame.

Nos camarades du KPU ont d’ores et déjà déclaré qu’ils ne se laisseront pas impressionner par cette basse manœuvre et continueront plus que jamais la lutte pour la paix, contre le régime antipopulaire en place, contre la tyrannie des oligarques et le pillage du pays, et pour le socialisme qui seule peut satisfaire les légitimes aspirations du peuple ukrainien. Nous sommes plus que jamais solidaires de leur lutte.

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