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Votations populaires du 19 mai 2019, un résultat globalement négatif, et en outre dénué de fiabilité

mardi 21 mai 2019

Réuni en sa séance du lundi 20 mai 2019, le Bureau du Comité directeur du Parti du Travail a pris acte et procédé à l’analyse des résultats des votations populaires de la veille, qui n’ont rien de réjouissant. L’acceptation de la RFFA, tant cantonale que fédérale, est en effet une très mauvaise chose pour les classes populaires de notre pays, qui feront malheureusement les frais des coupes dans les prestations et les services publics dont la perspective est rendue menaçante par les pertes de revenus qui attendent les collectivités publiques. Quant à la promesse de rentrées supplémentaires qu’apporterait la croissance que la réforme devrait amener, il ne s’agit de rien d’autre que d’un avatar caricatural de la charlatanesque « loi du ruissellement » à laquelle ses propagandistes ne croient sans doute pas eux-mêmes. Notre Parti n’en continuera pas moins de se battre pour contrer les pires conséquences de la RFFA. Pour ce qui est de la « compensation sociale » de la RFFA, l’Union patronale suisse a annoncé sans tarder qu’à ses yeux un relèvement de l’âge de départ à la retraite demeure « urgent ». Du reste, les milieux bourgeois n’ont jamais fait mystère du fait que le prétendu « compromis » sur la RFFA n’allait nullement être un frein à leur offensive pour le démantèlement des retraites. Tout ce paquet ficelé n’aurait jamais pu passer sans la collaboration du PSS. Cette trahison est impardonnable et ne sera pas oubliée.

L’adoption de la LHOM est également une mauvaise nouvelle, ce d’autant plus qu’il ne s’agit clairement que d’un ballon d’essai du patronat de la grande distribution et de ses relais politiques pour toujours plus de dérégulation, au détriment des salariés il va s’en dire. Les patrons veulent parvenir à leurs fins par la tactique des tranches de salami ; ils rencontreront notre opposition résolue à chaque tranche.

L’acceptation du contre-projet à l’initiative pour le plafonnement des primes d’assurance-maladie à 10% du revenu constitue par contre une bouffée d’oxygène indispensable pour trop de gens que les pratiques abusives des assureurs privés étranglent (même si nous aurions préféré que ce soit l’initiative qui passe). Mais il ne s’agit tout au mieux que d’une atténuation du problème, pas d’une véritable solution. Car les augmentations du subside iront là où il n’est pas très normal qu’elles aillent : dans les poches des assureurs privés. C’est à leurs tarifs abusifs et à leur système d’escroquerie organisée qu’il est urgent de mettre fin, par un système de santé entièrement public et social. Notre Parti continuera à se battre avec détermination pour atteindre cet objectif.

Cela, c’est si on s’en tient, pour ce qui est de Genève, aux résultats fournis par le service des votations et élections (SVE). Car, nous persistons à le dire, nous ne pouvons accorder aucune confiance à ce service suite aux révélations de fraude présumée, ainsi que des pratiques proprement surréalistes du SVE (bulletins recopiés à la main et détruits, ouverture des enveloppes avant le jour du scrutin et sans présence d’observateurs, pile d’enveloppes sur le bureau d’un collaborateur,...), qui ne sont pas admissibles dans un pays démocratique – d’ailleurs elles ont paru tout aussi ahurissantes qu’à nous aux chancelleries des autres cantons. Ces façons de travailler rendent la falsification largement possible, et ne permettent aucune espèce de fiabilité pour ce qui est des résultats communiqués. Nous considérons que les agissements de messieurs Hodgers et Jornot sont au mieux une tentative peu acceptable d’étouffer une affaire gravissime, au pire une façon de se moquer des citoyens. Nous tenons tout de même à rappeler que l’absence de preuve de fraude (à ce jour) ne constitue pas une preuve de son absence, et que l’affaire n’a pas été classée. Donc, nous l’affirmons, les résultats du scrutin du 19 mai – comme tous les résultats depuis au moins huit ans en arrière – sont pour le moins sujets à caution. Notre Parti s’était opposé en son temps à l’introduction du vote par correspondance – au profit du maintien du seul vote dans l’urne – puisqu’il rendrait les falsifications possibles. Les faits nous donnent raison aujourd’hui. A minima, des réformes en profondeur du modus operandi du SVE sont indispensables, pour rendre son fonctionnement beaucoup plus sécurisé. Autrement, la démocratie de la République et canton de Genève ne vaut pas grand chose. Dans tous les cas, le Parti du Travail a déposé des recours contre les résultats de la votation du 10 février 2019, portant sur nos initiatives pour le remboursement des soins dentaires et pour une caisse maladie publique, et persiste à considérer que ces recours sont pleinement justifiés et indispensables.

Enfin, nous tenons à saluer et à apporter tout notre soutien à la démarche du POP vaudois – section vaudoise du Parti Suisse du Travail – qui a déposé un recours contre la RFFA sur la base de l’unité de la matière. En effet, notre système démocratique présente une très problématique asymétrie : si les initiatives populaires sont soumises à des exigences d’unité de la matière particulièrement strictes, les lois votées par le parlement ne sont soumise à aucune contrainte de la sorte. Si la pratique des paquets ficelés est une vielle, et détestable, tradition, avec la RFFA, ce n’est plus un paquet ficelé, mais un paquet frauduleux qui fut concocté par les chambres fédérales. Ce pseudo « compromis » entre deux objets qui n’ont strictement aucun rapport entre eux a permis un véritable chantage aux électeurs, et rendu possible la propagande hypocrite du PSS. Il a permis l’acceptation par le peuple d’une réforme fiscale qui sans cela aurait sans doute subi le même sort que la défunte RIE III, dont elle est la copie quasi-conforme. Tromper ainsi les citoyens ne devrait pas être autorisé dans une démocratie.

Pour le Parti du Travail (membre de la coalition Ensemble à Gauche)

Alexander Eniline

Président

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