Déclaration publique du Parti du Travail Exigeons le retour de Mel au Honduras! Genève Jeudi 2 juillet 2009 Nous, le Parti du Travail, soutenons le Front de Résistance Populaire et leurs revendications d’un retour immédiat à la démocratie. Les travailleurs et les sympathisants du Présidents Manuel Zelaya (parti libéral) ont lancé le mot d’ordre de la grève général et de l’arrêt civique suite au renversement du gouvernement hondurien. Ce sont des milliers de syndicalistes, de paysans, d’indigènes, d’étudiants et de jeunes qui ont envahit les rues pour protester contre le putsch militaire, ceci au péril de leur vie. Le peuple hondurien tient tête courageusement aux putschistes malgré le couvre-feu, les rues bloquées par les tanks et les zones militarisées. Nous condamnons l’oligarchie hondurienne qui utilise la violence, la répression, les séquestrations et n’hésite pas à donner des ordres pour que l’armée tire contre son propre peuple. La mort héroïque des civiles abattus par les balles serviles du bras armé de la dictature de Roberto Micheletti n’est pas vaine. Les vies perdues sont maintenant inscrites dans l’histoire de la résistance du peuple hondurien contre la bourgeoisie nationale et l’impérialisme des Etats-Unis. Le peuple hondurien a déjà souffert et expérimenté par le passé la politique nauséabonde de Negroponte, faucon de l’administration Bush, de la CIA et de l’école tristement célèbre des Amériques. Comme ambassadeur des Etats-Unis à Tegucigalpa (capitale du pays), Negroponte a orchestré les combats des paramilitaires des CONTRAS contre les sandinistes nicaraguayens. Il est aussi impliqué dans les crimes des escadrons de la mort et du Bataillon 316 qui ont torturés et assassinés des centaines d’opposants honduriens dans les années 80.
Après la visite de Negroponte au Honduras l’année passée, le Président Mel Zelaya a commenté sa venue en ces termes « Ce pays n’est plus celui des années 80 car aujourd’hui nous avons appris une nouvelle tolérance à une ouverture du système démocratique ». C’est également lui qui a annoncé officiellement la décision de réintégrer Cuba au sein de l’OEA, à cette occasion il a déclaré « La Guerre froide est terminée. Nous commençons une ère nouvelle de confraternité et de tolérance » (4 juin 2009). Un tournant à gauche que Mel Zelaya avait concrétisé en incorporant l’Honduras comme nouveau membre de l’ALBA, soulignant ainsi sa volonté politique de ne plus être considéré ni comme un pays servile du gouvernement nord-américain, ni comme un pays de deuxième catégorie à la botte des transnationales. L’ALBA propose des réelles avancées qualitatives pour les 70% de la population pauvre du Honduras, notamment dans les secteurs financier, énergétique, pétrolier, agricole, génétique, pharmaceutique ou encore de l’éducation et des médias avec Telesur (ex : projets Alba Petrocaribe, Alba-Alimentation et Alba-Solidarité). Il est clair que ce coup d’état est une tentative de la droite réactionnaire, corrompue et meurtrière de tenter de mettre des bâtons dans les roues au processus d’intégration de l’ALBA et d’empêcher par la même occasion les changements démocratiques et de société, en faveur des plus pauvres, qui s’étend sur le continent d’Amérique latine. Le retour de la 4ème flotte dans les eaux territoriales de la région, ainsi que le projet d’installer une nouvelle base aérienne en Colombie, PALANQUERO, comme le prévoit le document GLOBAL EN ROUTE STRATEGY de l’USAIRFORCE présagent une menace sérieuse sur la souveraineté de ces pays. Nous dénonçons la fermeture de plusieurs radios et chaîne de télévision et la censure médiatique exercée à leur encontre, de même que la manipulation du peu d’information encore diffusée mais qui est contrôlée par de grand groupe détenus par des riches et puissantes familles du pays. L’oligarchie médiatique tente de faire croire que la majorité de la population soutient le coup d’état et les actions anti-démocratiques de Micheletti et de ses complices. Nous dénonçons les séquestrations et persécutions politiques exécutées contre tous les opposants. Silvia Ayala, députée du Parti de l’Unification Démocratique (parti de gauche), a dénoncé la dictature menée par Roberto Micheletti et la féroce répression exercée sur le Député César Ham et le maire de San Pedro de Sula, Rodolfo Padilla, qui ont dû abandonner apparemment le pays pour préserver leur vie. Plusieurs ministres du gouvernement du Président Manuel Zelaya et des députés sont poursuivis, de même que des artistes, des intellectuels, des journalistes, des dirigeants ouvriers, des leaders sociaux dont Rafael Alegria de Via Campesina et Allan McDonald, caricaturiste. Nous nous joignons à l’appel des mouvements et organisations populaires honduriennes, latino-américaines, suisses et du monde pour: - répudier le coup d’état au Honduras ; - rétablir immédiatement l’ordre constitutionnel, sans effusion de sang ; - exiger que les forces armées se gardent d’exercer une quelconque répression à l’égard des Honduriens qui exigent un retour de la démocratie ; - exiger le respect de l’intégrité physique des opposants ; - exiger que Manuel Zelaya reprenne ses fonctions comme Président du Honduras immédiatement et sans condition, qu’il termine son mandat et qu’il puisse convoquer le référendum pour la tenue d’une Assemblée constituante ; - exiger des sanctions pour tous les militaires et leurs complices, qu’ils soient parlementaires, magistrats, entrepreneurs, journalistes ou ecclésiastiques. Par ailleurs, nous exhortons le Conseil Fédéral à ne reconnaître personne d’autre que Manuel Zelaya comme chef de l’Etat du Honduras et nous interpellons les partis suisses gouvernementaux pour qu'ils condament fermement ce coup d’Etat et les crimes contre la démocratie et le peuple hondurien pour qu’ils ne restent pas impunis. Nous restons vigilants quant à la prochaine étape de cet épisode dramatique du 28 juin 2009, le Président Zelaya a annoncé son retour le 4 juillet au Honduras, accompagné d’une délégation de l’OEA et de Présidents latino-américains. Nous demandons que la Suisse envoie des observateurs pour faire pression sur les putschistes et éviter des effusions de sang. C’est une ère nouvelle qui souffle sur le continent. Le développement économique et politique de l'Amérique latine dépend aussi de la solidarité internationale et de notre capacité à coordonner les mobilisations et d’unir les luttes, ici à Genève et en Suisse. |